La Coupe d’Afrique des Nations (CAN) 2025 au Maroc marque un tournant financier sans précédent pour la Confédération Africaine de Football (CAF). Avec des revenus projetés à 312,85 Millions de dollars pour l’exercice 2025–2026, une hausse fulgurante de 88 % par rapport à 2023–2024, l’instance affiche une bonne santé financière. Pourtant, derrière ces records, une crise profonde couve entre la CAF et les diffuseurs publics du continent. Au cœur du litige se trouve le groupe togolais New World TV, détenteur exclusif des droits pour 46 pays d’Afrique subsaharienne. Ce dernier a imposé un modèle limitant l’accès gratuit à seulement 32 matchs sur 52. Cette restriction a provoqué l’indignation des chaînes nationales, qui dénoncent un système déconnecté des réalités sociales africaines. Lors de la 17e Assemblée Générale de l’UAR tenue à Banjul du 14 au 17 avril 2026, les débats ont fustigé une commercialisation privilégiant les médias étrangers au détriment des acteurs locaux.
La CAN 2025 au Maroc s’annonce comme un succès financier pour la CAF avec 312.85 millions de dollars de revenus projetés, en hausse de 88 % par rapport à l’exercice 2023–2024. Cependant, une crise éclate avec les diffuseurs publics africains suite à la restriction imposée par New World TV, limitant l’accès gratuit à seulement 32 matchs sur 52. Lors de l’Assemblée Générale de l’UAR à Banjul du 14 au 17 avril 2026, les chaînes nationales ont dénoncé un modèle déconnecté des réalités du continent. Les acteurs locaux fustigent une commercialisation qui privilégie les médias étrangers au détriment de l’accès universel pour les citoyens africains. L’UAR appelle désormais à une union sacrée pour renégocier les futurs contrats et protéger la souveraineté audiovisuelle du football africain. L’expert en marketing TV, Abdelmounaim Bah, explique ce mécanisme de commercialisation par des intermédiaires.
“Si on prend le cas des compétitions africaines, Le détenteur de droit ultime, c’est la CAF. Mais la CAF peut être amenée à passer par un tiers pour la commercialisation. Tiers qui peut être africain ou qui peut être non-africain. Ce qui a été le cas pendant de nombreuses années avec Lagardère Sports. Dans le cas de la FIFA. La FIFA est l’instance internationale du football. Donc on ne peut pas vraiment dire qu’ils sont suisses. Ils représentent le football mondial. Mais là aussi, c’est pareil. Ils sont souvent amenés à passer par des tiers pour la commercialisation.”
Abdelmounaim Bah, Expert en marketing TV – Maroc
Face à ce qu’il qualifie de « fuite de valeur », Pape Alé Niang, Directeur général de la Radiotélévision du Sénégal, prône l’union sacrée.
“Le maître mot, c’est l’unité. Et on ne peut pas forcer une chaîne de télévision à s’engager sur un combat. Mais quand même, les chaînes de télévision qui manifestent la volonté de s’unir, je pense que nous pouvons leur offrir cette plate-forme que l’humeur, pour quand même qu’on puisse parler d’une seule et même voix par rapport à cela.”
Pape Alé Niang, Directeur général de la RTS – Sénégal
Un sentiment partagé par Chokri Ben Nasser, président directeur général de la télévision tunisienne, qui appelle à une action collective pour protéger l’accès des citoyens.
“Autre chose lui Lueur pourrait nous aider non seulement à parler d’une seule voix, mais aussi à négocier avec la FIFA pour le futur, à plafonner, à plafonner les packages, à exiger un plafonnement”
Chokri Ben Nasser, Président directeur général de la Télévision tunisienne – Tunisie
Alors que la CAN 2027 et le Mondial 2026 se profilent à l’horizon, la question de la souveraineté audiovisuelle africaine reste entière. Sans un front commun des télévisions du continent, le risque est de voir le piratage devenir l’unique recours pour des millions de fans exclus du direct.