En Afrique subsaharienne, les revenus de la musique enregistrée ont atteint 110 millions de dollars en 2024, en hausse de 22,6%. Une croissance portée par le streaming et par l’émergence de nouveaux talents, notamment féminins. À Yaoundé, le Salon International des Voix de Femmes et des Industries Musicales d’Afrique réunit artistes, producteurs et professionnels autour des enjeux de visibilité, de formation et d’accès aux marchés internationaux.
À Yaoundé, du 27 au 30 mai 2026 le Salon International des Voix de Femmes et des Industries Musicales d’Afrique rassemble pendant quatre jours artistes, producteurs et professionnels de la filière. Organisé par Scène d’Ébène dans le cadre du programme Escale Bantoo, l’événement vise à renforcer la présence des productions musicales d’Afrique centrale sur les marchés internationaux. Les échanges portent autant sur la formation, la diffusion que sur la création de réseaux professionnels durables pour les jeunes acteurs culturels.
“Le but de l’Escale Bantoo, c’est de garantir la présence que ce soit des chanteurs, que ce soit des chanteuses d’Afrique centrale sur des gros marchés internationaux. Pour que nos artistes puissent être en contact avec eux, parce que vous savez aujourd’hui c’est compliqué la question de mobilité. ”
Nathalie MEFE, Directrice du Salon international des voix des femmes et des industries musicales africaines – Cameroun
Le salon intervient dans un contexte de forte expansion du marché musical africain. En 2024, les revenus de la musique enregistrée en Afrique subsaharienne ont atteint 110 millions de dollars, soit une progression de 22,6% sur un an, plaçant la région parmi les trois marchés les plus dynamiques au monde. Le Cameroun figure désormais dans le Top 10 africain des revenus générés par le streaming, avec une croissance cinq fois supérieure à la moyenne mondiale observée dans l’industrie musicale.
“Comprendre comment fonctionne l’écosystème musical africain. Et nous aujourd’hui, on est en tremplein depuis plusieurs années, que ce soit pour les artistes, que ce soit pour les managers, les opérateurs culturels et autres, pour avoir accès aux marchés internationaux.”
Nathalie MEFE, Directrice du Salon international des voix des femmes et des industries musicales africaines – Cameroun
Au-delà des performances économiques, la question de la place des femmes demeure centrale dans les débats. Pendant plusieurs années, l’industrie musicale africaine est restée dominée par des producteurs et décideurs masculins, limitant l’accès des femmes à la reconnaissance professionnelle. Malgré une hausse de 22,6% des revenus du secteur en 2024, les artistes africaines continuent de percevoir des rémunérations inférieures à celles pratiquées sur les marchés occidentaux. Le salon entend ainsi contribuer à réduire ces déséquilibres structurels durables.



