Cameroun : 26 cas féminicides enregistrés au premier trimestre 2026

Le gouvernement camerounais alerte sur une explosion des féminicides et des infanticides. Avec une hausse de 54 % des meurtres de femmes entre 2023 et 2025, et un premier trimestre 2026 déjà lourd, ces violences provoquent une indignation qui dépasse désormais les frontières nationales. 

Au Cameroun, la lutte contre les violences de genre et les infanticides atteint un seuil critique. Face à l’urgence, les autorités gouvernementales dénoncent une recrudescence alarmante des crimes de sang au sein des ménages et des communautés. Les données statistiques mettent en lumière une courbe tragique et linéaire de la criminalité sexiste et intrafamiliale, avec 50 femmes assassinées en 2023, 67 en 2024, et 77 en 2025. Cette augmentation représente une progression de 54 % des féminicides en seulement deux ans. Loin d’amorcer un fléchissement, le bilan du premier trimestre 2026 aggrave cette dynamique avec déjà 26 nouveaux cas documentés, projetant une tendance annuelle historiquement haute. 

La délégation des responsabilités parentales est un facteur très important, tout comme l’indifférence de la communauté et le silence des victimes. Trop souvent, ces femmes s’exposent sans être entendues, et lorsque le drame survient, on réalise qu’il y avait des signes. Il est donc essentiel de briser le silence.

Marie-Thérèse Abena Ondoa, Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille Cameroun

L’opinion publique camerounaise reste profondément marquée par une série d’infanticides et de violences. Parmi les dossiers les plus récents figurent le meurtre brutal de Divine Mbarga 11 ans à Nkoabang, un quartier situé dans la périphérie Est de Yaoundé , les sévices infligés à Bissong Omgba Pauline Joyce agé de 3 ans en milieu scolaire, ainsi que l’assassinat de Karl Ethan agé de 11 ans, survenu à son domicile parental a Minkan, un village de 3e degré rattaché à la commune de Mfou, dans le département de la Méfou-et-Afamba en novembre 2025. 

Il s’agit d’un appel aux parents pour qu’ils assument pleinement leur rôle, dans l’esprit de la parentalité positive. Certes, la vie est chère, et chacun des conjoints doit travailler pour joindre les deux bouts. Mais à force, l’enfant est souvent confié à quelqu’un qui n’est pas préparé à l’éduquer, et cette éducation devient la norme. Les facteurs sont donc nombreux, et notre objectif est justement d’inciter les parents à exercer pleinement leur rôle. 

Marie-Thérèse Abena Ondoa, Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille Cameroun

Le gouvernement camerounais, qui oeuvre pour combattre ce fléau, rappele les mesures déjà en place : une centaine d’abris temporaires pour les victimes, le déploiement progressif de « Gender Desks » et de « Child Desks » dans les forces de l’ordre, une ligne d’assistance pour les enfants en détresse, ainsi que des formations pour magistrats, avocats et policiers. La société civile, les autorités traditionnelles et religieuses ont été explicitement appelées par les autorités gouvernementales à participer, soulignant la nécessité d’une mobilisation nationale face à la crise.

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