Après plus de quatre décennies d’attente, le gazoduc transsaharien (TSGP) entre enfin dans sa phase de réalisation. Lancé officiellement le 4 juin 2026 dans le désert algérien, ce projet énergétique majeur de plus de 4 000 kilomètres ambitionne de relier les immenses réserves gazières du Nigeria aux marchés européens, tout en redessinant les équilibres économiques et géostratégiques du Sahel.
Le 4 juin 2026, à Aoulef situé dans le Sud-Ouest de l’Algérie, au cœur du désert du Sahara , le premier coup de pioche du gazoduc transsaharien (TSGP) a été donné, marquant le passage du projet à sa phase de réalisation, après plus de quatre décennies d’annonces et d’études. Long de 4 128 km, dont 2 810 km en Algérie, ce gazoduc, d’une capacité de 20 à 30 milliards de m³ par an et estimé entre 12 et 18 milliards d’euros, est détenu à 90 % par l’Algérie et le Nigeria (Sonatrach et NNPC à parts égales) et à 10 % par le Niger (Sonidep). Il permettra d’acheminer le gaz nigérian via le Niger vers l’Algérie, pour ensuite l’exporter vers l’Europe grâce aux infrastructures algériennes existantes.
Nous allons pouvoir transporter de grandes quantités de gaz naturel du Nigeria vers l’Algérie, en utilisant les infrastructures gazières dont dispose l’Algérie dans les domaines du transport, du traitement et de l’export vers les marchés internationaux. L’Algérie aura également un rôle d’administration, non seulement pour l’accueil et le transit du gaz venant du Nigeria, mais aussi pour le transport et la valorisation d’une quantité supplémentaire de gaz produit en Algérie”
Mohamed Arkab, Ministre de l’Énergie et des Mines – Algérie
Pour le Nigeria, il s’agit de monétiser davantage ses gigantesques réserves gazières prouvées, qui s’élèvent officiellement à 215,10 trillions de pieds cubes (Tcf) soit environ 6 000 milliards de mètres cubes, le classant au 1er rang en Afrique et au top 10 mondial. Malgré son statut de géant énergétique africain, le pays peine encore à exploiter pleinement son potentiel gazier, ne produisant actuellement qu’environ 8 milliards de pieds cubes par jour (bcf/j) alors qu’il ambitionne d’atteindre 10 milliard de pieds cubes (bcf)/j d’ici 2027 et 12 bcf/j à l’horizon 2030 dans le cadre de son plan national.
La raison pour laquelle nous avons décidé de soutenir ce projet est que, lorsque nous examinons son impact sur les corridors, il contribuera à l’industrialisation, à la création d’emplois et à la transformation des modes de vie des populations concernées le long de ce corridor, et bien sûr, à terme, jusqu’en Europe. Nous sommes engagés dans cette démarche et, aujourd’hui, nous avons une meilleure visibilité sur ce qui se réalisera.
Ekperikpe Ekpo , Ministre d’État aux Ressources pétrolières – Nigéria
Plus qu’un simple gazoduc, le TSGP symbolise l’ambition de trois États africains de s’inscrire au cœur des nouvelles routes énergétiques mondiales. Si le chantier est mené à son terme, il pourrait transformer durablement les équilibres économiques du Sahel et renforcer le poids géostratégique de l’Afrique dans les décennies à venir.



