Madagascar : le taux d’électrification de 80% prévu d’ici 2030

Madagascar s’est fixé un objectif ambitieux : atteindre 80 % d’accès à l’électricité et augmenter la part des énergies renouvelables à au moins 85 % dans le mix énergétique d’ici 2030. Pour y parvenir, le pays devra mobiliser plus de 7,2 milliards de dollars d’investissements. Le secteur privé est appelé à jouer un rôle central en apportant plus de 4,5 milliards de dollars, soit 60 % du financement total requis. Le pays vise également le raccordement annuel de 2,2 millions de personnes grâce aux mini-réseaux et au solaire individuel.

Madagascar dispose d’importantes ressources en énergies renouvelables, mais reste confronté à l’un des plus faibles taux d’accès à l’électricité au monde. Seuls 36 % des habitants sont raccordés au réseau, tandis que les délestages récurrents pénalisent aussi bien les ménages que les entreprises. Cette crise est alimentée par la dépendance de la compagnie publique JIRAMA aux combustibles fossiles, la baisse de la production hydroélectrique, les difficultés financières de l’opérateur et la vétusté des infrastructures électriques. 

Je pense objectivement que c’est un projet très ambitieux de vouloir porter le taux d’accès à l’électricité à 80% en 2030, quand on voit la situation actuelle avec les nombreux délestages et même la genèse des contestations sociales de septembre 2025, qui était due justement au manque d’accès à l’eau et à l’électricité. Lorsqu’on connaît également le problème récurrent de la Jirama, qui n’a pas été résolu avec l’arrivée des autorités actuelles, et notamment le président de la Roe Foundation, Michael Randrianirina, je pense aussi que c’est présomptueux de pouvoir penser que Madagascar pourrait réunir les 7,2 milliards d’investissements qui sont nécessaires pour pouvoir atteindre cet objectif d’accès à l’électricité pour la population malagasy.

Gregory SILENY , Analyste politique 

Pour atteindre 80 % d’accès à l’électricité et 85 % d’énergies renouvelables d’ici 2030, Madagascar doit mobiliser 7,2 milliards de dollars. L’ambitieux Pacte National pour l’Énergie prévoit l’électrification de 500 000 foyers et 1 500 km de lignes de transport. L’État sollicite le secteur privé à hauteur de 4,5 milliards de dollars, soit 60 % du financement. Via la « Mission 300 », le pays vise également le raccordement annuel de 2,2 millions de personnes grâce aux mini-réseaux et au solaire individuel.

Tant que les élections ne seront pas organisées de manière certaine et assez rapidement, donc il faudra respecter le calendrier présenté par Michael Randrianirina, tout cela ne sera pas propice à l’arrivée d’investisseurs. Ensuite, ce qu’il faudrait ajouter en dernier lieu, c’est que Madagascar souffre de ces infrastructures qui ne lui permettent pas de répondre aux besoins des Malgaches qui se trouvent en ruralité notamment. Donc oui, il faudra un mix et une diversité pour que cela puisse se faire à Madagascar.

Gregory SILENY , Analyste politique 

La Banque mondiale conditionne la réussite de cette stratégie à l’assainissement financier de la JIRAMA (250 millions de dollars de déficit annuel et 400 millions d’arriérés). Un climat de confiance permettrait au privé d’ajouter 130 MW d’ici fin 2026. Fort de succès passés comme le Projet de développement de l’accès à l’électricité à moindre coût, l’institution préconise d’

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