À l’approche du second semestre 2026, un risque de crise de liquidité menace le Sénégal, alertent les acteurs du secteur privé réunis au sein du Groupe Secteur Privé Développement et du CNDES. Ils appellent à une intensification urgente du dialogue entre l’État et le secteur privé, dénonçant l’absence de chambre de commerce depuis 16 ans et demandant une implication plus forte des entrepreneurs dans les orientations économiques du pays.
Face à une menace de crise de liquidité pour le second semestre 2026, les acteurs du secteur privé sénégalais, regroupés au sein du Conseil national des dirigeants d’entreprises du Sénégal (CNDES) et du Groupe Secteur Privé Développement, tirent la sonnette d’alarme. Ils réclament un dialogue plus soutenu avec l’État, regrettent l’absence de chambre de commerce depuis 16 ans et demandent une implication accrue des entrepreneurs dans la stratégie économique du pays. Pilier de l’économie nationale, le secteur privé constitué à 90 % de PME et d’activités informelles assure en effet plus de 40 % des emplois salariés et près de 37 % de la valeur ajoutée du pays.
Un secteur privé dans son cadre institutionnel n’existe pas aujourd’hui au Sénégal. Le secteur privé dans son cadre est incarné par tout ce qui est chambre de commerce, chambre de métiers et autres. Mais le malheur aujourd’hui au Sénégal, ça fait 16 ans jour pour jour que nous n’avons pas de chambre de commerce. Pour la petite illustration, le petit exemple lorsque son excellence monsieur le président Bassirou Diomaye Faye est allé aux États-Unis, le lendemain il est allé visiter les acteurs économiques à travers la chambre de commerce américaine. C’est comme ça que ça doit se passer.
Birane Yaya Wane, Président du Conseil national des dirigeants d’entreprises – Sénégal
Le CNDES met en garde contre une situation critique, exacerbée par des besoins de financement massifs, une dette préoccupante et un accès au crédit de plus en plus difficile. Cette conjoncture fait redouter une incapacité de l’État à honorer ses engagements d’ici le second semestre 2026. Cette menace survient dans un climat économique déjà fragilisé par des tensions de trésorerie, des retards de paiement et une chute de la commande publique, pesant lourdement sur la santé des entreprises.
Les acteurs économiques doivent être conviés autour d’une table, réfléchir avec les autorités étatiques pour voir les voies et moyens de tirer les Sénégalais vers le haut afin que les acteurs puissent créer beaucoup de richesses dans ce pays, ce qui n’est pas encore le cas. Et aujourd’hui, il faut que les autorités soient conscientes d’une chose : ce pays, c’est aux acteurs économiques de le développer. On ne peut pas développer ce pays sans les acteurs économiques, ce n’est pas possible.
Birane Yaya Wane, Président du Conseil national des dirigeants d’entreprises – Sénégal
Le poids de cette crise est accentué par les arriérés de paiement de l’État vis-à-vis des entreprises privées, principalement dans le secteur du BTP et des infrastructures, dont le montant dépasse les 300 milliards de FCFA.