À l’occasion de l’ouverture de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations Unies à New York, le président kenyan William Ruto a présenté, ce lundi 21 septembre 2026, la feuille de route économique et diplomatique de son pays. Intervenant lors de la table ronde de haut niveau « Africa We Build », organisée en marge de l’événement par l’Africa Finance Corporation (AFC), le chef d’État a livré une analyse sans concession sur les mécanismes de financement du continent. Selon lui, l’Afrique ne souffre pas d’un manque de ressources financières, mais de règles internationales restrictives qui empêchent l’orientation de ses propres capitaux vers des projets structurants. S’appuyant sur les travaux de recherche de l’AFC, William Ruto a rappelé que malgré un apport extérieur total de 1 700 milliards de dollars enregistrés entre 2014 et 2024, l’essentiel de la richesse africaine reste sous-exploité.
En marge de l’Assemblée générale de l’ONU, le président du Kenya William Ruto a présenté le 21 septembre 2026 l’agenda économique du Kenya et de l’Afrique. Intervenant lors du forum « Africa We Build » de l’’Africa Finance Corporation (AFC) , le président Ruto a affirmé que l’Afrique ne manque pas de capitaux. Selon lui, des règles internationales restrictives empêchent d’orienter l’épargne africaine vers des projets structurants. Malgré 1 700 milliards de dollars d’apports extérieurs en dix ans, la richesse interne demeure sous-exploitée. Le chef d’État appelle donc à réformer le système financier mondial pour valoriser le capital domestique du continent.
Le continent possède de nombreux pôles d’économies domestiques, mais trop peu de ce capital finance les systèmes de puissance, les réseaux de transport et les industries que notre continent a besoin. Aujourd’hui, l’Afrique possède plus de 4 000 milliards de dollars à travers ses pôles d’économies domestiques. Plus de 2 000 milliards de dollars dans le capital domestique non bancaire, et plus de 1 000 milliards de dollars dans les impôts de pension et de l’assurance de vie.
William Ruto, Président de la République du Kenya
Le président kényan a également appelé à réformer l’architecture financière internationale pour libérer l’épargne locale, une révision qui devrait permettre aux fonds africains d’investir massivement dans les infrastructures stratégiques du continent. Il exhorte ainsi les institutions multilatérales à faire évoluer leur modèle pour mieux garantir et partager les risques.
Nous avons besoin des institutions multilatérales et des financements de développement, non seulement en tant qu’acheteurs, mais aussi en tant qu’investisseurs. Leurs garanties, le rehaussement de crédit et les instruments de partage des risques devraient rendre possible l’investissement des capitaux africains par les fonds de pension, les compagnies d’assurance et d’autres investisseurs à long terme.
William Ruto, Président de la République du Kenya
Le Kenya servira de cas test pour l’évaluation des risques financiers en Afrique, selon le président William Ruto. Selon le chef de l’État, les fonds de pension locaux détiennent 46 % des obligations d’État, contre à peine 0,02 % de la dette d’infrastructure. Afin de réorienter cette épargne vers des projets structurants, le pays a porté son capital dans l’AFC à 25 millions de dollars.



