À la tribune de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, la Première ministre congolaise Judith Suminwa a exhorté la communauté internationale à faire passer les engagements pour la paix dans l’Est de la RDC des textes aux actes. Elle a dénoncé l’impuissance du système multilatéral et lié l’insécurité à l’exploitation illégale des ressources naturelles, tout en exigeant l’application stricte de la résolution 2773 face à une crise humanitaire qui touche plus de 6 millions de déplacés internes. Vous pouvez retrouver l’analyse complète de cette actualité.
La République démocratique du Congo (RDC) souhaite voir les engagements internationaux en faveur de la paix dans l’Est du pays où l’on compte désormais plus de 6 millions de déplacés internes passer des textes aux actes. À la tribune de la 81ᵉ session de l’Assemblée générale des Nations unies, tenue le 23 septembre 2026, la Première ministre Judith Suminwa a appelé la communauté internationale, à privilégier la mise en œuvre des décisions déjà adoptées telle que la résolution 2773 du Conseil de sécurité plutôt que l’élaboration de nouveaux textes. Pour la cheffe du gouvernement congolais, la situation dans l’Est de la RDC illustre de manière particulièrement forte les difficultés du système multilatéral à transformer les décisions internationales en résultats concrets pour les populations.
« Pour la RDC, c’est précisément dans la différence entre la confiance que nous appelons à rétablir et la transformation que nous espérons gérer que l’impact réel de nos engagements internationaux se mesure. Notre pays est au cœur de plusieurs de ces transformations, et parfois à l’intersection de leurs contradictions. »
Judith Suminwa, Première ministre – RD Congo
D’ailleurs, la Première ministre congolaise, Judith Suminwa, a lié la persistance de l’insécurité à l’exploitation illégale des ressources naturelles du pays, qui alimente les marchés internationaux au détriment de plus de 6 millions de personnes déplacées internes. Elle a réitéré les accusations du Congo contre le Rwanda pour son soutien à l’AFC/M23 exigeant l’application stricte de la résolution 2773 du Conseil de sécurité, tout en dénonçant les exactions d’autres groupes armés, notamment les ADF et la CODECO. D’après elle, malgré la persistance des hostilités, la RD Congo affirme continuer à privilégier la voie diplomatique pour parvenir à une solution durable.
« Peu de situations illustrent si douloureusement la différence entre les engagements internationaux et la réalité vivante que celle de l’est de la RDC. Depuis plus de trois décennies, des millions de Congolais souffrent des attaques, des déplacements forcés et de l’abandon. Les territoires ont été occupés, les familles ont été dispersées. Les femmes et les filles ont souffert de violences sexuelles, et les enfants sont recrutés par des groupes armés ou privés d’éducation. »
Judith Suminwa, Première ministre – RD Congo
Rappelons que depuis plus de trois décennies, les violences armées dans cette région ont engendré une crise humanitaire majeure, déplaçant plus de 6,1 millions de personnes et laissant 14,9 millions de Congolais en besoin d’aide d’urgence. À cette tribune, Judith Suminwa a dénoncé les violations graves subies par la population, notamment les violences sexuelles avec plus de 1 900 cas recensés au cours du premier semestre, le recrutement d’enfants par les milices, ainsi que la déscolarisation de 391 000 élèves.



