Libye : l’accord électoral de l’ONU fragilisé

En Libye, le processus de réconciliation politique se heurte déjà à de nouvelles divisions. Signé le 30 août sous l’égide des Nations unies, un accord entre les principaux acteurs libyens prévoit de relancer le processus électoral et d’organiser des élections présidentielle et législatives dans un délai maximal de 24 mois. Mais à peine conclu, le compromis est contesté par le Haut Conseil d’État. Une nouvelle illustration des difficultés à réunifier les institutions libyennes.

En Libye, l’espoir d’une sortie de crise vient à nouveau de se heurter aux divisions politiques du pays. Le 30 août 2026, à Tripoli, les parties libyennes réunies au sein de la commission dite 4+4 signent, sous l’égide de la Mission d’appui des Nations unies en Libye, un accord final présenté comme une étape décisive. Le texte fixe un délai de 24 mois pour organiser des élections présidentielle et législative, sous une autorité exécutive unique et des institutions réunifiées. Mais le compromis ne fait pas l’unanimité. Le Haut Conseil d’État et le Conseil présidentiel n’ont pas signé l’accord, une absence qui souligne d’emblée les difficultés de sa mise en œuvre.

“Pour nous, la souveraineté ne dépend pas de qui la proclame ni du tracé des frontières uniquement sur les cartes. Il ne s’agit pas d’un slogan ou d’un slogan répété en leur absence. Ces rôles sont indépendants et responsable. La souveraineté signifie que les décisions nationales sont libres et qu’il s’agira d’une coopération et d’une intégration avec nos institutions partenaires, notre intégration aux institutions des Nations unies est en cours. En matière de transparence, de sérieux et d’impartialité, très loin de sélectivité et double standard. La souveraineté signifie préserver le droit et la dignité du peuple libyen. Peu importe, qui a commis les infractions, garantir que nul n’est au-dessus des lois et que nul n’y échappe.”

MOHAMMED AL-MANFI, Président du Conseil présidentiel – Libye

Les deux chambres disposaient d’un délai d’un mois pour l’approuver, faute de quoi une validation plus large, jusqu’au Conseil de sécurité de l’ONU, pourrait être recherchée. C’est cette échéance qui vient d’achopper. Le 22 septembre 2026, le Haut Conseil d’État a rejeté le plan. Au cœur des désaccords : la légitimité du mécanisme ayant conduit à l’accord et la place des institutions libyennes dans la définition du futur cadre politique. Le président du Haut Conseil d’État, Mohamed Takala, défend un processus conduit par les Libyens eux-mêmes, dans le respect des bases juridiques et constitutionnelles du pays.

“Par conséquent, notre point de vue sur les relations de la Libye, notre Politique étrangère est claire : nous ne voulons pas remplacer l’influence par l’influence, pas par un axe, ni par la soumission. Nous souhaitons des relations fortes avec nos voisins arabes en particulier nos pays voisins, et nous souhaitons que la Libye retrouve son rôle naturellement au sein de son continent africain, et nous voulons un partenariat stratégique, équilibré avec notre environnement, la Méditerranée et notre espace régional est international selon une seule règle le partage d’intérêt et le respect mutuel.”

MOHAMMED AL-MANFI, Président du Conseil présidentiel – Libye

Cette contestation intervient alors que la Libye reste divisée entre institutions rivales à l’Est et à l’Ouest, malgré la baisse des affrontements militaires depuis le cessez-le-feu de 2020. Une réunion du Conseil de sécurité des Nations unies est malgré tout attendue en octobre 2026, pour examiner l’accord, dans le cadre d’une initiative soutenue par Washington, une tentative de donner un cadre international au texte, faute de consensus libyen.

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