En Guinée-Bissau, le Haut Commandement militaire a déclaré, le 1er octobre 2026, que l’environnement sécuritaire actuel ne permet pas d’envisager le retour au pays de l’ancien président Umaro Sissoco Embaló. À travers une communication officielle, les autorités militaires mettent en avant des motifs de sécurité nationale, de maintien de l’ordre public et de préservation du climat social. Elles insistent également sur le fait que tout rassemblement, cortège ou événement à caractère politique demeure rigoureusement proscrit pendant cette période de transition.
Le projet de retour d’Umaro Sissoco Embaló en Guinée-Bissau se heurte au refus des autorités militaires de transition. Alors que l’ancien président prévoyait de rentrer le 4 octobre 2026 pour se présenter à la présidentielle, son entrée lui est interdite. Dans une déclaration publiée ce 1er octobre, le Haut Commandement militaire estime que l’évaluation sécuritaire, politique et sociale ne permet pas de garantir la sécurité de son retour.
La présente décision est exclusivement fondée sur des raisons de sécurité nationale, de préservation de l’ordre public et de prévention de situations susceptibles de compromettre la stabilité et la tranquillité sociales.
Haut Commandement Militaire, Communiqué
Les autorités militaires mettent en garde contre tout manquement à ces consignes, précisant que les contrevenants porteront la responsabilité exclusive de leurs actes. Par ailleurs, le Haut Commandement invite les citoyens, la diplomatie étrangère, les organisations civiles, les chefs religieux ainsi que les leaders coutumiers à concourir à la préservation de la quiétude et de la stabilité du pays.
Pour les militaires, l’enjeu affiché est celui du maintien de l’ordre et de la stabilité. Mais cette décision pose nécessairement une question politique. Dans quelles conditions peut-on organiser un retour à l’ordre constitutionnel si l’un des principaux acteurs politiques est empêché de rentrer sur le territoire ? Il y a également un enjeu de crédibilité pour la transition. La Guinée-Bissau connaît une longue histoire d’instabilité politique et d’intervention de l’armée dans la vie institutionnelle. Or, la réussite de cette transition dépendra notamment de la capacité des autorités à garantir un processus électoral suffisamment ouvert et crédible. Finalement, le véritable enjeu n’est pas seulement le retour personnel d’Ambalo, c’est de savoir si la présidentielle du 6 décembre permettra de sortir de la transition militaire et de restaurer durablement l’ordre constitutionnel.
Bouba Keita, Juriste – Guinée
Cette décision d’interdiction d’accès au territoire intervient dans un climat politique particulièrement tendu, alors même qu’Umaro Sissoco Embaló avait officiellement annoncé, le 28 septembre 2026, son retour imminent en Guinée-Bissau. Prévu pour le 4 octobre, ce déplacement devait marquer son entrée effective en campagne afin de participer activement à la prochaine élection présidentielle, fixée au 6 décembre. Ce refus catégorique des autorités de transition remet ainsi en question le calendrier politique prévisionnel et accentue les incertitudes quant à l’inclusivité du scrutin à venir.



