Afrique : les échanges intra-francophones renforcés à Djibouti

Djibouti est depuis ce 6 octobre 2026 le point de convergence des entrepreneurs de l’espace francophone. Pour la première fois en Afrique de l’Est, la Mission économique de la Francophonie réunit des chefs d’entreprise venus de plusieurs continents. Objectif : créer des passerelles commerciales, identifier de nouveaux marchés et faire émerger des partenariats. Avec une attention particulière accordée cette année à la jeunesse.

À Djibouti, la Francophonie économique veut prendre une longueur d’avance. À l’entrée de la mer Rouge et situé au carrefour de l’Afrique, de la péninsule Arabique et des grandes routes maritimes,le pays mise sur sa position stratégique pour devenir davantage qu’une plateforme de transit une véritable plateforme économique régionale. C’est tout le sens de cette 7ème Mission économique de la Francophonie, la première organisée en Afrique de l’Est. En accueillant cet événement, Djibouti mise sur sa position stratégique pour attirer de nouveaux partenaires. Ports, zones franches, liaisons ferroviaires avec l’Éthiopie, câbles sous-marins… Djibouti dispose d’infrastructures qui le placent au cœur des échanges entre l’Afrique, le moyen orient et l’Asie. Malgré les tensions actuelles autour de la mer Rouge, les autorités djiboutiennes veulent faire de cette position géographique un avantage durable pour la région.

Je vous réponds avec franchise, cette mission est conjoncturelle. Le monde ne peut se passer de cette route, les crises passent, la géographie reste. Cette épreuve rappelle la valeur d’un port fiable et de corridors alternatifs au cœur de la région. Ceux qui s’installent à Djibouti aujourd’hui ne prennent pas un risque, ils prennent une avance. Notre ambition ne s’arrête pas au transit. Conformément à la vision Djibouti 35, nous voulons passer du transit à la transformation et de la plateforme logistique à une véritable plateforme économique régionale.

ISMAÏL OMAR GUELLEH, Président de la République de Djibouti

Pour cette édition, plus de 300 participants, 166 entreprises internationales et 144 entreprises djiboutiennes, issus de 13 pays, sont réunis pour faire émerger des partenariats. Cinq secteurs concentrent les discussions : transport et logistique, numérique, énergies renouvelables, santé et tourisme durable. Mais derrière les infrastructures et les investissements, une autre bataille se joue : celle de l’emploi. La jeunesse, placée au cœur de cette édition pour la première fois, une séquence entière de la Mission économique lui est consacrée, avec une mise en relation de 40 jeunes entrepreneurs, dont 30 Djiboutiens et 10 internationaux avec des entreprises à la recherche de compétences. Stages, mentorat, premiers emplois, recrutement, mais aussi accès aux réseaux et aux marchés : l’objectif est de rapprocher les compétences des besoins réels des entreprises. 

La question de la jeunesse ne doit pas être traitée à côté de notre agenda économique, elle doit en faire pleinement partie. A Djibouti, cet enjeu revêt une importance particulière au regard de la priorité accordée à l’emploi des jeunes et de la nécessité de mieux rapprocher les compétences disponibles des besoins et des opportunités du travail.

LOUISE MUSHIKIWABO, Secrétaire générale de l’OIF

Pour ces jeunes, il ne s’agit donc pas seulement d’assister aux échanges, mais d’être des acteurs de la dynamique économique régionale. Une ambition qui dépasse les trois jours de la mission. L’OIF annonce déjà vouloir assurer le suivi des contacts noués, avec des missions retour pour transformer les premières rencontres en contrats et en partenariats durables.

le véritable résultat se mesurera dans la durée, par la capacité des acteurs à donner suite aux contacts et avancées établis. L’organisation que je représente sera là pour vous accompagner.

 Cette exigence de concrétisation nous ramène à une question essentielle. Pour qui voulons-nous que cette dynamique économique produise les résultats

LOUISE MUSHIKIWABO, Secrétaire générale de l’OIF

Depuis le lancement de ces missions économiques, la dynamique a déjà permis de réunir des milliers d’entreprises et de multiplier les rendez-vous d’affaires. À Djibouti, le pari est désormais de franchir un nouveau cap : faire de la proximité linguistique un levier d’investissement, d’innovation et de création d’emplois. Du port aux start-up, des grands investisseurs aux jeunes entrepreneurs, Djibouti veut connecter les marchés, mais aussi les générations.

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