Premier pays francophone d’Afrique de l’Ouest par son PIB, la Côte d’Ivoire s’étend sur 322 463 km2 pour 29 389 150 habitants, d’après le RGPH 2021. Mais derrière cette puissance, une fragilité foncière. Conflits familiaux, litiges, arnaques sur les terrains urbains. Les difficultés foncières freinent la cohésion sociale et bloquent l’investissement. Pour y faire face, le gouvernement a organisé la première édition des Journées Foncières d’Abidjan, du 5 au 7 octobre au Parc des Expositions de Port-Bouët. Un rendez-vous panafricain avec 14 pays représentés dont le Sénégal était à l’honneur, pour apporter son expertise.
Environ 70 % des litiges portés devant le Conseil d’État ivoirien, concernent le foncier. Aux Journées foncières d’Abidjan, tenues du 5 au 7 octobre 2026, le ministre de l’Agriculture, Bruno Nabagné ,plaide pour le règlement des conflits par le dialogue, la médiation et la recherche de la bonne information. De janvier à septembre 2026, 4 396 conflits fonciers ont été enregistrés sur l’ensemble du territoire ivoirien.
Cela n’exclut pas de nous déporter devant le Conseil d’État, qui est le juge suprême en la matière. L’information, la bonne information, peut être une arme très efficace contre les litiges et les conflits fonciers.
Bruno Nabagné, Ministre de l’Agriculture, du Développement rural
Les systèmes fonciers coutumiers couvrent 73% des terres en Afrique subsaharienne, et 1,1 milliard de personnes dans le monde vivent en insécurité foncière. Selon la Banque mondiale, plus de 90 % des terres rurales africaines ne sont pas enregistrées, et un transfert de propriété y coûte deux fois plus cher et prend deux fois plus de temps que dans les pays industrialisés. Face à cette pression, le ministre sénégalais Alain Diouf de son côté, encourage la poursuite de la digitalisation, et appelle à faire du foncier, un socle de souveraineté économique.
Le foncier, même si c’est des jouissances qui permettent aux uns et aux autres la possibilité de sécuriser l’héritage des familles, le foncier c’est le socle de notre souveraineté économique.
Le chantier est colossal : 23 millions d’hectares à sécuriser, et 1,5 million de certificats fonciers à délivrer. Le défi pour les pouvoirs publics africains est désormais clair : transformer le foncier, longtemps source de conflits, en levier de développement et de cohésion sociale pour toute l’Afrique.



