À l’approche du XXᵉ Sommet de la Francophonie, la société civile et la jeunesse préparent leurs contributions. La COING s’est réunie à Cotonou les 28 et 29 septembre 2026, puis le RIJF a consulté les jeunes à Lomé les 1ᵉʳ et 2 octobre. Objectif : faire entendre leurs priorités avant le rendez-vous de Phnom Penh, au Cambodge, placé sous le thème « Réinvestir dans la paix pour une prospérité partagée et une stabilité durable ».
La COING rassemble cent vingt-sept organisations de la société civile accréditées auprès de la Francophonie. Les 28 et 29 septembre 2026, ces organisations étaient au cœur de la seizième assemblée plénière tenue à Cotonou, au Bénin. Les travaux ont notamment porté sur leur contribution aux orientations de l’Organisation internationale de la Francophonie, à travers cinq commissions thématiques couvrant la paix, les droits humains, l’éducation, la culture et le développement durable.
“ Les travaux de Cotonou ont une responsabilité, celle de porter la voix, les attentes et les propositions de la société civile francophone auprès des chefs d’Etat et de gouvernement. Les recommandations adoptées ici ne doivent pas être considérées comme un point d’aboutissement. Elles doivent être un point de départ, un point de départ pour agir davantage ensemble, pour rapprocher nos institutions de nos territoires, pour renforcer, renforcer l’impact de nos organisations et pour faire vivre une francophonie plus proche des peuples et plus attentive aux réalités du terrain.”
Claude Musavyi, Président de la Conférence des OING de la Francophonie COING – Burundi
“ Réinvestir dans la paix, c’est aussi réinvestir dans notre capacité à agir ensemble, à maintenir le dialogue lorsque les fractures s’accentuent, mais aussi à créer de la confiance lorsque la défiance progresse, mais aussi à préserver des espaces de coopération lorsque les tentations de repli se renforcent. Et la feuille de route que vous venez d’adopter devra maintenant donner une traduction concrète à cette ambition.”
Caroline St-Hilaire , Administratrice de l’Organisation internationale de la Francophonie – Canada
À l’issue du bilan de la mandature 2024, 2026 , Claude Musavyi est réélu pour un mandat de deux ans, couvrant la période ,2026 ,2028 . L’enjeu est de renforcer la participation de la société civile aux décisions francophones et de porter ses recommandations au vingtième Sommet de la Francophonie, prévu à Phnom Penh, au Cambodge, en novembre deux mille vingt-six.
“ La force que peut créer cette collaboration entre la Francophonie, l’OIF et sa société civile, elle réside dans la possibilité de travailler ensemble sur le terrain. Et ça, ça veut dire quoi Ça veut dire collaborer directement à améliorer les projets de l’OIF existants des projets de soutien à l’autonomisation des femmes, à l’autonomisation des jeunes, des projets de formation numérique pour les jeunes .Voilà, je ne peux pas citer tous les projets qu’on a, mais on en a énormément. Et c’est là que le partenariat terrain avec la société civile est plus que nécessaire. Il doit être renforcé encore plus. C’est une mise à jour quotidienne qui doit être faite pour que les actions de terrain soient vraiment en lien avec la réalité qui évolue à chaque instant. ”
Fatima Aouidat, Cheffe de l’Unité jeunesse et société civile de l’OIF – Algérie
“ J’ai été élu à la vice -présidence de la commission Enjeux globaux. C’est cette ouverture qu’on est en train de proposer, Comme je le disais, des partenariats à la fois avec des institutions universitaires liées à la francophonie. À la fois la proposition de la création d’une chaire dédiée au bien être de l’enfant et alors un partenariat et alors nous parlons de finance tout à l’heure. Donc, il y a eu une déclaration d’intention en matière de finance éthique et équitable avec un représentant des organisations des banques de l’UEMOA. Donc là, je pense que nous sommes vraiment dans le concret, dans l’action.”
Marie-Pierre NYATANYI, Présidente de l’ASBL Djaili Mbock – Rwanda
Cette mobilisation de la société civile à Cotonou s’est poursuivie à Lomé, au Togo, où le Réseau international des jeunes francophones, le RIJF, a organisé, les 1ᵉʳ et 2 octobre 2026, une consultation des jeunes réunissant 20 organisations membres, neuf organisations togolaises et les porte-paroles du Parlement francophone des jeunes, le PFJ .
“Cette mobilisation ne part pas de reliques. Elle prolonge le dialogue engagé dès 2020 par la secrétaire générale à travers la grande consultation de la francophonie de l’avenir, puis poursuivie lors des différentes concertations consacrées à la jeunesse. Ce dialogue a franchi une étape importante au sommet de Villers-Cotterêts avec la participation active de jeunes aux tables rondes avec les chefs d’Etat et de gouvernement. Aujourd’hui, une nouvelle étape commence à Lomé. Qui sait si ça ne nous mènera pas un jour à un vrai sommet de la jeunesse .
Caroline St-Hilaire , Administratrice de l’Organisation internationale de la Francophonie – Canada
“Il ne s’agit pas seulement de faire entendre la voix des jeunes, il s’agit de faire en sorte de co-construire avec les jeunes et de faire en sorte que ces jeunes là puissent amener leurs propositions et faire changer la réalité de leur vie et on a des défis au sein des États membres de la Francophonie, des défis qui sont liés à l’employabilité, des défis qui sont liés à l’accès au droit, des défis qui sont liés à l’égalité de genre, etc … Et c’est là où les jeunes sont une réponse à ces défis là. Il faut faire en sorte, non pas que non pas d’abandonner les jeunes, mais de faire en sorte de prendre cette ambition et cette opportunité que sont les jeunes.”
Omar Didi, Président – Réseau international de la jeunesse de la Francophonie – Tunisie
Avec le soutien de l’OIF, cette rencontre visait à préparer les contributions de la jeunesse au XXᵉ Sommet de la Francophonie, à partir des résultats de deux enquêtes en ligne menées en amont auprès des membres du réseau.
Selon ces enquêtes, 68 % des répondants souhaitent un soutien accru à l’emploi et à l’entrepreneuriat, 59 % citent la formation professionnelle et technique et 49 % l’accès au financement. Par ailleurs, 57,5 % estiment que leur contribution aux échanges avec les autorités publiques n’est pas suffisamment prise en compte, tandis que près de 95 % associent l’emploi, l’entrepreneuriat et l’innovation à la paix et à la stabilité.
“La priorité, c’est forcément l’employabilité des jeunes. Parce que quand on est au chômage, on est forcément frustré, on fait des dépressions, et cetera Donc si on a un travail, un travail bien payé, un travail aussi qui nous va parce qu’il y a aussi des travaux ou on. Il y a des emplois qui amplifient justement les états psychologiques qui ne sont pas forcément bon pour nous. Donc un travail décent, un travail qui paye bien et un travail qui nous met à l’aise, je peux le dire psychologiquement.”
Dora-liz KOUMBA NGOMA, Secrétaire au finance de l’Association Pivot 4.0 – Gabon
“Je ressors d’ici avec une conviction renforcée selon laquelle la jeunesse francophone est compétente. Elle a des idées plein la tête et l’envie de faire, en tout cas de travailler sur le terrain. Et la preuve, toutes les associations présentes ont des initiatives qu’elles portent. C’est pour dire qu’elles sont déjà en œuvre sur le terrain, qu’elles sont en action sur le terrain. C’est le cas également de notre association, je le disais Jeunesse Togo, qui œuvre ici au Togo pour permettre aux jeunes de renforcer leur confiance en eux, de travailler sur leur éloquence, leur capacité à prendre la parole en public au travers des formations mais aussi au travers des compétitions que nous organisons. Et même la version internationale, donc les rencontres internationales d’éloquence et de débats francophones que nous avons eu l’opportunité en tout cas.On a été invité en 2024 au 19ᵉ Sommet de la Francophonie pour justement organiser la quatrième édition de série B à Paris, à la Gaîté Lyrique.”
FARIDA MOUSTAPHA, Représentante de l’Association Jeunesse unie pour une nouvelle Afrique – Togo
“Le message capital que nous souhaitons passer, c’est de voir tout simplement une jeunesse francophone mobilisée, une jeunesse francophone connectée, une jeunesse et qui contribue au développement de ses États membres. Donc, on a besoin d’une jeunesse qui soit beaucoup plus engagée dans la prévention de conflits. Dans la médiation, on a besoin d’une jeunesse qui continue à travailler aux côtés des institutions de notre pays pour apporter des solutions, pour apporter un changement tant dans leur communauté que locale que dans leur communauté nationale.Donc, on a besoin d’une jeunesse formée, une jeunesse dans leur contribution et reconnue au niveau de leur état.
Moïse Balagizi, Co-fondateur – Assistance internationale pour le développement – RD Congo
À l’issue des consultations du RIJF à Lomé, Irène Fouyaba Pambiang, juriste et communicante tchadienne, fondatrice de Women Success, a été désignée porte-parole de la jeunesse francophone aux côtés d’Élisée DITCHARÉ du Togo, pour le XXᵉ Sommet de la Francophonie à Phnom Penh. Engagée pour l’autonomisation des femmes et des jeunes, elle porte notamment l’initiative SHE CYCLE, consacrée à la santé menstruelle et au bien-être des adolescentes, et a intégré la première cohorte du programme CAP Innovation de l’Organisation internationale de la Francophonie. Tous deux auront pour mission de relayer auprès des décideurs francophones les priorités exprimées par les jeunes et de défendre leurs recommandations lors du sommet.
“La précarité et la pauvreté touchent la majeure partie de nos populations et je pense que les chefs d’État de la Francophonie devraient se pencher sur ces sujets là afin de permettre à tous ces jeunes qui ont des compétences, qui ont des connaissances assez poussées, de mettre en valeur tout ce qu’ils ont appris en offrant d’opportunités de travail. Mais ils n’ont pas à offrir des opportunités de travail. Ils peuvent également soutenir l’entreprenariat avec des fonds qui vont aider ces jeunes à se lancer dans les domaines dont il excelle. Ce sera l’un des sujets les plus intéressants et l’une des décisions les plus pertinentes que les décideurs et les chefs d’État de la Francophonie pourraient prendre en faveur de la jeunesse.”
Irène Fouyaba Pambiang, Fondatrice de Women Success – Tchad
Selon le rapport 2026 de l’OIF, 396 millions de personnes parlent français dans le monde et un francophone sur deux a moins de 30 ans. Cette jeunesse est au cœur du XXᵉ Sommet de la Francophonie, prévu du 14 au 16 novembre 2026 à Phnom Penh, au Cambodge, sous le thème « Réinvestir dans la paix pour une prospérité partagée et une stabilité durable ».
“Alors il y a plus d’une dizaine de recommandations qui ont été réalisées par l’ensemble des jeunes ici présents. Certaines recommandations vont inclure le fait de pouvoir, par exemple, avoir un fond spécifique qui est lié à l’entrepreneuriat des jeunes pour justement créer de l’emploi. On sait très bien le bief en fonds qui est un fonds merveilleux qui s’appelle la francophonie, avec quelqu’un qui vit une période de cinq ans après le vide. Accompagner plus de 70 000 femmes et leur communauté qui a changé des vies. On sait que ces dispositifs là, s’ils pourraient potentiellement être dupliqués pour l’entrepreneuriat des jeunes, pourraient toucher la vie de dizaines de centaines de milliers de jeunes et créer de l’emploi, créer les aspirations, faire en sorte que les aspirations des jeunes puissent être réalisées au plus près des territoires.Ça, c’est une. C’est une recommandation que je veux saluer ici. On part d’un principe de concevoir, faire, entendre, à mettre en place, être écouté pour qu’il y ait vraiment les actions qui puissent être réalisées.”
Omar Didi, Président – Réseau international de la jeunesse de la Francophonie – Tunisie
“l’Oif couvre toute une série de priorités et on a des directions thématiques et sectorielles qui agissent sur ces thématiques là, sur le numérique notamment l’accès au numérique, la formation au numérique, la connectivité pour tous, mais aussi le développement durable. Pour essayer de répondre à des besoins concrets, par exemple en agriculture durable. Le intervient aussi sur le soutien des jeunes entrepreneurs en matière d’agriculture durable, notamment dans le bassin du Congo, l’Éducation est un grand domaine sur lequel on agit avec notre Institut francophone pour l’éducation et la formation. Donc, le chef ne peut pas choisir un seul domaine de priorités, mais vraiment essayer de tous les améliorer puisque ce sont des domaines sur lesquels on intervient déjà. Et les recommandations que nous ont donné les jeunes aujourd’hui vont venir nourrir ces projets qui existent et les améliorer.Et c’est cette dynamique dans laquelle on souhaite rester pour les années à venir.”
Fatima Aouidat, Responsable de l’unité jeunesse et société civile de l’OIF – Algérie
Le 14 novembre sera consacré à la Conférence ministérielle de la Francophonie, avant la réunion des chefs d’État et de gouvernement les 15 et 16 novembre, avec notamment l’élection d’un nouveau Secrétaire général de l’OIF. À travers les consultations des jeunes du RIJF et du Parlement francophone des jeunes le PFJ à Lomé, le RIJF entend renforcer la participation des jeunes aux décisions. Le RIJF plaide pour la tenue d’un pré-sommet de la jeunesse francophone, conçu comme un cadre de dialogue entre jeunes et décideurs, de formulation des recommandations et de suivi des engagements. Cette initiative vise à inscrire durablement la participation des jeunes dans les décisions de la Francophonie et à préparer, à terme, un Sommet de la jeunesse francophone.



