Plus de 6 000 exposants, 30 pays représentés et près de 800 000 visiteurs attendus. Ouagadougou est actuellement la capitale mondiale du génie créateur. La 18e édition du SIAO, le Salon International de l’Artisanat, bat son plein au Burkina Faso. Mais au-delà de la vitrine culturelle, cette édition 2026 pose une question cruciale pour l’économie du continent : comment l’artisanat africain peut-il passer à la vitesse supérieure grâce à l’industrialisation, sans pour autant perdre son âme ? Plongée au cœur des pavillons avec notre correspondant sur place.
À Ouagadougou, le rendez-vous incontournable de la création africaine célèbre sa 18ème édition. Le SIAO déploie une envergure inédite afin de hisser le savoir-faire artisanal au-delà des simples traditions locales. Cette rencontre majeure rassemble plus de 6 000 artisans de 30 nations, répartis dans 800 espaces d’exposition, captivant ainsi plus de 800 000 visiteurs. Au sein des espaces aménagés, les échanges s’articulent autour du thème : Artisanat africain et industrialisation. Sous l’impulsion des autorités burkinabè, cette dynamique vise à transformer le secteur en un levier stratégique de développement.
Donc la vision, c’est de faire en sorte que notre artisanat progresse petit à petit vers une industrialisation. On ne peut pas avoir de métallurgie, de sidérurgie qui permet de faire tout ce que vous faites là, sans maîtriser la matière, sans avoir de l’art.
Ibrahim TRAORE, Président de transition –Burkina Faso
Bien que le continent africain regorge de talents exceptionnels, sa contribution au marché international des œuvres d’art demeure modeste, bridée par un déficit d’équipements spécialisés et les entraves au crédit. Au Burkina Faso, la contribution globale de l’industrie manufacturière représente un peu plus de 8% du PIB. La transformation industrielle de filières telles que le coton incarnée par le projet Tex Force ou le travail du cuir montre le chemin à suivre, bien que des leviers de financement novateurs fassent encore défaut pour accompagner l’essor des petites entités artisanales.
C’est là que le président a dit qu’il faut bien travailler, évoluer, développer notre secteur artisanat, parce que c’est la fierté de notre pays. C’est là où j’ai rêvé pour la jeunesse. Il faut que nos jeunes d’aujourd’hui viennent apprendre ce qu’ est l’art.
GASAN Rodrigue, Artiste sculpteur – Congo Brazzaville
La 18e édition du SIAO s’impose comme la vitrine d’une dynamique économique inédite. En conjuguant la finesse de l’artisanat traditionnel à la modernisation industrielle, l’Afrique entend bâtir son émancipation économique, forgée au cœur de ses propres centres de production.



