La mode africaine veut changer de dimension. Au CANEX WKND 2026, à Lagos, les défilés et le Luxury Fashion Xchange mettent en lumière le savoir-faire des créateurs du continent. Mais au-delà des podiums, l’ambition est économique : structurer la filière textile, attirer les investissements et faire passer le poids de l’économie africaine de la mode de 60 à 500 milliards de dollars
Des créations originales, des matières africaines revisitées et des stylistes venus de plusieurs horizons du continent. À Lagos, la mode s’affirme comme l’un des temps forts du CANEX WKND 2026. À travers les défilés et le Luxury Fashion Xchange, les marques africaines sont exposées aux acheteurs, investisseurs et professionnels internationaux. Mais pour les acteurs du secteur, l’enjeu dépasse la visibilité. Il s’agit de transformer le potentiel créatif africain en véritable industrie.
« Notre mission consiste à trouver les moyens de faire passer l’économie de la mode africaine de 60 milliards à 500 milliards de dollars, en collaboration avec diverses institutions. La CAFA constitue une instance politique unifiée pour l’Afrique, un espace où nous pouvons rassembler les nombreuses initiatives prometteuses qui voient le jour à travers le continent ; c’est un élément crucial pour la créativité africaine actuelle, un domaine dans lequel CANEX joue un rôle moteur essentiel. »
AARE LAI LABODE, Président de la Confédération de la mode africaine – Nigeria
Un objectif qui passe par la production locale, l’harmonisation des politiques commerciales et la protection des créations. En février 2026, les avancées autour du protocole de la ZLECAf sur la propriété intellectuelle ont renforcé cet impératif. Sur le terrain, les créateurs saisissent déjà les opportunités de cette plateforme pour conquérir de nouveaux marchés.
« le CANEX est la plateforme par excellence pour mettre en lumière la créativité africaine, pour créer des connexions, rencontrer du monde, présenter ce qu’on fait et trouver de nouveaux marchés. Lagos, qui est la capitale de la mode en Afrique noire, est la ville vraiment idéale pour ce genre de rencontres, parce que c’est très vivant, c’est très créatif à Lagos. »
MARINA SERGE ESSO, Créatrice de mode – Cameroun
Du Cameroun au Bénin, en passant par la Côte d’Ivoire, les collections témoignent d’une même volonté : valoriser les matières et les savoir-faire locaux tout en s’adaptant aux exigences du marché contemporain.
« On a décidé de créer des vêtements tout simplement pour apporter une autre lecture de la mode africaine. Nous utilisons des matières comme du bâti, du pagne tissé béninois, que nous travaillons pour proposer des créations adaptées aux hommes et aux femmes. »
MOULIKATH ARINLOYE, Créatrice de mode – Bénin
« Nous proposons une mode à la fois contemporaine, qui allie le textile africain à la modernité.»
HAFOUCHATA MEITE, Créatrice et designer – Côte d’Ivoire
Avec une ambition de 500 milliards de dollars , la mode africaine entend désormais peser dans l’économie mondiale. Mais le défi reste celui de la transformation industrielle, du financement et de l’accès aux marchés. À Lagos, le CANEX porte ainsi une conviction : l’Afrique ne veut plus seulement habiller le monde par sa créativité, elle veut aussi tirer profit de la valeur économique de ses créations.



