À Addis-Abeba en Ethiopie, l’Afrique et l’Europe ont franchi un cap décisif dans leur coopération sanitaire en mobilisant plus de 100 millions d’euros pour renforcer les systèmes de santé du continent. Face à la montée des menaces épidémiques et aux profondes inégalités d’accès aux soins, ce partenariat stratégique ambitionne d’accélérer la souveraineté sanitaire africaine grâce à des investissements ciblés dans la recherche, la formation et l’innovation numérique.
Le 21 avril 2026, à Addis-Abeba en Ethiopie, un tournant majeur a été amorcé pour la sécurité sanitaire du continent. Sous l’égide du Centre africain de contrôle et de prévention des maladies et dans le cadre de la stratégie européenne Global Gateway, l’Union africaine et l’Union européenne ont officialisé un investissement massif de plus de 100 millions d’euros. Ce partenariat, qui s’appuie sur les acquis du 7ème Sommet UA-UE et des accords de 2025, vise à transformer structurellement le paysage médical africain.
Les chefs d’États ont confié à CDC Afrique la mission de développer un programme ambitieux visant, d’ici 2040, à garantir qu’au moins 60 % des vaccins, thérapies et outils de diagnostic utilisés en Afrique soient produits sur le continent.
Jean Kaseya, Directeur général, Africa CDC – RD Congo
Ce programme se décline en trois axes concrets : le renforcement des capacités de surveillance et de recherche dans 10 instituts nationaux de santé, l’application de l’approche « Une seule santé » pour former le personnel contre la résistance microbienne, et le déploiement de solutions numériques de pointe dans 6 États membres pour automatiser les alertes pandémiques. Ce partenariat stratégique vise à garantir la souveraineté sanitaire du continent en sécurisant la production locale et les soins primaires pour 1,4 milliard d’habitants.
“Nous ne produisons aujourd’hui qu’environ 1 % des vaccins utilisés en Afrique sur le continent, et seulement 5 % des outils de diagnostic proviennent de fabricants africains. Cette forte dépendance extérieure rend le continent particulièrement vulnérable en cas de nouvelle épidémie ou de crise sanitaire majeure.”
Jean Kaseya, Directeur général, Africa CDC – RD Congo
Face à une hausse de 25 à 30% des menaces sanitaires mondiales en dix ans, le partenariat Afrique-Europe intervient dans un contexte où l’Afrique supporte 24% de la charge mondiale des maladies avec seulement 3% du personnel soignant, et où moins de 1% des vaccins sont produits localement. Cet accord permettra également de réduire les inégalités d’accès aux soins pour plus de 1,4 milliard de personnes selon des experts.



