64 ans après les indépendances, la Côte d’Ivoire et le Ghana viennent de franchir une étape décisive dans la réaffirmation de leur frontière commune les rendant plus visibles pour mieux rapprocher les peuples. Longtemps marquée par un différend maritime tranché en 2017 par la justice internationale, la démarcation terrestre franchit un cap concret. Les deux pays ont réceptionné officiellement la première phase du tracé de 150 Km à New Town et Dibi.
Sécuriser les tracés territoriaux pour fluidifier les échanges inter-Etats, Yamoussoukro et Accra font le choix de la clarté. Sur les près de 600 KM de frontière terrestre partagée, la première phase de bornage achevée couvre 150 KM entre Newton au Ghana et Dibi en Côte d’Ivoire. Un enjeu stratégique majeur pour les deux géants de la CEDEAO, dont les échanges commerciaux bilatéraux dépassent les 500 milliards de francs CFA par an. L’absence de démarcation claire entretenait jusqu’ici des frictions frontières et entravait le commerce transfrontalier.
“ Ce n’est pas pour diviser les peuples, ils parlent la même langue, ils ont les mêmes coutumes, donc la réaffirmation c’est juste pour rendre la frontière plus visible, donc ce n’est pas pour diviser les peuples.”
ANTHONY NTEM, Commissaire général de la Commission des frontières du Ghana – Ghana
Loin d’ériger les barrières, cette matérialisation physique vise à sécuriser la circulation des personnes et des biens, tout en prévenant les infiltrations sécuritaires dans la sous-région. Une dynamique d’intégration qui s’inscrit dans un calendrier bien précis, structuré en plusieurs étapes opérationnelles.
“Nous venons de finir la première phase, la deuxième phase sera lancée avant la fin de l’année où les équipes iront sur le terrain, continuer en 2027 et la deuxième cérémonie de réception des bornes aura lieu en 2027 et même on pourra achever la troisième phase qui nous amènera au tripoint Ghana-Côte d’Ivoire-Burkina Faso.”
DIAKALIDA KONATE, Secrétaire exécutif, Commission nationale des frontières, Côte d’Ivoire – Côte d’Ivoire
Portée conjointement par la Commission Nationale des frontières de la Côte d’Ivoire et la Commission des frontières du Ghana, cette opération technique et diplomatique devrait s’achever à l’horizon 2027. En clarifiant les limites territoriales, les deux nations transforment d’anciennes zones d’incertitude en corridors de paix et de libre circulation.



