Afrique : 2% du budget national investis dans la santé

Lors du forum de haut niveau tenu à Tanger le 31 mars 2026, en marge de la 58ᵉ session de la Conférence des ministres africains des finances, des responsables africains et internationaux de la santé ont souligné l’urgence de réformer les systèmes du continent. Ils ont appelé à une transformation profonde des mécanismes de financement de la santé en Afrique.

Moins de 2 % du PIB sont consacrés à la santé dans la majorité des pays africains. Ce sous-financement chronique met en danger les populations et freine le développement économique du continent. La Banque africaine de développement alerte : seuls 5 % des pays africains atteignent l’objectif d’Abuja, qui prévoit de consacrer 15 % du budget national à la santé. Face à ce constat, les experts, lors du récent forum de haut niveau sur le financement des systèmes de santé tenu récemment à Tanger au Maroc, appellent à une transformation profonde des mécanismes de financement, en recourant à des instruments innovants, tels que les financements mixtes ou les échanges dette-santé.  

“ En 2022, l’Afrique a dépensé environ 145 milliards de dollars pour la santé, dont moins de la moitié provenait de financements publics. Parallèlement, la dette publique atteint en moyenne 63 % du PIB, avec un service de la dette qui, dans plusieurs pays, dépasse les dépenses de santé, limitant fortement l’espace budgétaire. Face à ces contraintes, une opportunité clé se dessine : repenser le financement de la santé, notamment à travers la zone de libre-échange continentale africaine.”

Claver Gatete, Secrétaire exécutif de la CEA Rwanda

Le Maroc constitue un exemple concret de cette vision stratégique. Les ministres de la santé, Amine Tehraoui, et des Finances, Nadia Fettah, l’ont présenté comme un modèle. Ce statut est justifié par une couverture médicale atteignant 88 % de la population et par des réformes ambitieuses qui portent sur la gouvernance, la digitalisation, les infrastructures et la production pharmaceutique nationale.

“ Mais nous commençons à voir des progrès. Le Maroc et l’Algérie ont émergé comme des pôles pharmaceutiques régionaux. Le Rwanda construit de nouvelles capacités de production, et l’Afrique du Sud continue d’ancrer l’approvisionnement régional via la zone de libre-échange continentale africaine.”

Claver Gatete, Secrétaire exécutif de la CEA Rwanda

À l’échelle continentale, les défis restent immenses. Selon l’Africa CDC, l’Afrique devra investir 20 000 milliards USD d’ici 2063 pour atteindre une couverture santé universelle à 100 %. Avec plus de 70 % de ses produits pharmaceutiques importés, le continent doit développer des chaînes de valeur régionales et harmoniser les cadres réglementaires. Dans ce cadre, la ZLECAf apparaît comme une architecture de développement capable de soutenir l’intégration des systèmes de santé et de renforcer la souveraineté sanitaire.

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