Afrique : 278 milliards USD transitent chaque année par les banques commerciales

À Brazzaville, les 61èmes Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement  se poursuivent avec plusieurs forums stratégiques consacrés à l’avenir économique du continent. Parmi eux, le lancement du rapport sur l’offre de financement du commerce en Afrique, un document qui met en lumière les défis mais aussi les opportunités du commerce africain dans un contexte mondial marqué par les tensions géopolitiques et les conséquences post-Covid.

Le commerce reste le moteur du développement et de l’industrialisation du continent. Mais sans financement adapté, difficile pour les entreprises africaines, notamment les PME, de produire, exporter ou transformer localement leurs matières premières.

Selon le rapport présenté par les experts de la BAD, près de 278 milliards de dollars du commerce africain transitent chaque année par les banques commerciales. Pourtant, le déficit de financement demeure important, en particulier pour les petites et moyennes entreprises qui peinent encore à accéder aux crédits et aux garanties bancaires.

Face à cette situation, la BAD et ses partenaires misent sur une nouvelle architecture financière africaine capable de soutenir davantage les banques locales, réduire les risques et faciliter les transactions commerciales sur le continent.

« Parce qu’on estime qu’il y a 4000 milliards à peu près de dollars disponibles sur le continent entre les banques de développement, les fonds souverains, les banques commerciales, les caisses de dépôt, les assureurs. Mais évidemment tout n’est pas mobilisable mais il y a au moins potentiellement 1000 milliards de dollars d’épargnes disponibles qu’on peut mobiliser. Et justement l’intérêt de cette nouvelle architecture c’est de mobiliser une partie de ces ressources pour pouvoir les déployer dans les économies africaines. »

DIDIER ACOUETEY, Conseiller spécial du président de la BADTogo

Présente à ce forum, la commissaire chargée du développement économique à l’Union Africaine qui a insisté sur la nécessité d’harmoniser les réglementations et de renforcer les mécanismes continentaux de financement du commerce. L’organisation panafricaine travaille notamment à la mise en place d’institutions financières africaines destinées à accompagner la souveraineté financière du continent.

« Nous avons aussi de grandes difficultés en ce qui concerne les régulations de transfert, les régulations d’échange. Au niveau des banques, nous devons travailler beaucoup sur les régulations d’échange qui, dans certaines de nos régions, deviennent un empêchement même pour les commerces parce qu’elles sont très serrées. Les conditions pour le transfert réduisent à un certain niveau, très important, les transactions, favorisant même la création de marchés noirs dans les transactions. »

FRANCISCA TATCHOUOP BELOBE, Commissaire de l’UA au développement économique, tourisme, commerce, industrie et minesGuinée Equatoriale

Autre levier évoqué, la digitalisation. Pour les experts, les outils numériques peuvent réduire les coûts administratifs et simplifier l’accès des PME aux services bancaires et aux financements.

À travers ce rapport, la BAD veut surtout convaincre que le développement de l’Afrique passera par un secteur privé plus fort, des économies davantage industrialisées et un commerce intra-africain capable de transformer les immenses ressources du continent en richesse locale.

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