Accélération majeure pour la souveraineté numérique éthiopienne. Avec l’ouverture d’un laboratoire central ultra-moderne au sein de son Université de la défense, Addis-Abeba muscle ses capacités en IA et en cybersécurité. Ce projet, soutenu par les Émirats arabes unis, marque un tournant dans la coopération bilatérale dédiée à l’innovation et à la recherche stratégique.
Ce 26 juillet 2026 marque un jalon historique pour la recherche éthiopienne. Le pays a officiellement mis en service un laboratoire central de pointe au cœur de l’Université de la défense. Ce complexe titanesque de 20 850 mètres carrés, dont 11 190 mètres carrés sont strictement réservés à l’enseignement et à l’expérimentation, a vu le jour grâce au partenariat dynamique avec le gouvernement des Émirats arabes unis (EAU).
« Une fois que vous avez la technologie entre les mains, vous devez être capable de l’exploiter, de la sécuriser, de la maintenir et de la déployer à travers le pays et le continent. Pour que cela soit possible, il faut disposer d’une main-d’œuvre qualifiée et résiliente en cybersécurité, en coulisses. Le principal défi aujourd’hui est que nous ne disposons pas encore d’un nombre suffisant de professionnels qualifiés à l’échelle mondiale. »
Besrat Yerdaw, Professionnel de la cybersécurité – Ethiopie
Véritable trait d’union entre le monde académique et l’industrie, ce centre d’excellence gère déjà 18 projets de recherche pour un budget de 32 millions de birrs. Un dynamisme qui a déjà généré plus de 200 publications et sept brevets. De l’intelligence artificielle à la sécurisation des données, l’infrastructure est calibrée pour répondre aux impératifs de sécurité nationale et de transformation numérique.
« La manière dont nous intégrons l’intelligence artificielle dans notre vie quotidienne doit être encadrée. Nous utilisons des outils d’IA, mais l’intelligence artificielle a besoin de données pour apprendre et s’entraîner. Les modèles d’IA existants que nous utilisons, comme ChatGPT, Gemini ou d’autres, ont été développés et entraînés principalement à partir de contenus occidentaux. L’Afrique a besoin de son propre modèle d’intelligence artificielle, entraîné sur des données africaines. C’est dans cette direction qu’il faut aller. »
Eskender Mesfin, Professionnel de la cybersécurité – Ethiopie
Au-delà de la technique, l’ouvrage symbolise la solidité de l’axe Ethiopie-Émirats arabes unis avec 6 milliards de dollars d’échanges et 113 projets d’investissement émiratis, la coopération s’intensifie. Pour l’Éthiopie, ce laboratoire est un pari sur l’avenir : former 2 600 étudiants et garantir une indépendance technologique totale face aux enjeux du 21e siècle.



