Afrique : 40% des compétences évolueront d’ici 2030

En Afrique, des millions de jeunes arrivent chaque année sur le marché du travail, mais les emplois formels restent insuffisants. Face au décalage entre formation et besoins des entreprises, l’intelligence artificielle redéfinit les compétences recherchées. Un défi majeur évoqué par Didier Acouetey, président du groupe AfricSearch, qui célèbre 30 ans d’activité en 2026.

Chaque année, entre 10 et 12 millions de jeunes Africains arrivent sur le marché du travail, pour seulement trois millions d’emplois formels créés, selon la Banque africaine de développement. En 2025, 70,9 millions de jeunes de 15 à 24 ans étaient ni en emploi, ni en études, ni en formation, soit 23,2 % de cette tranche d’âge, d’après l’Organisation internationale du Travail. Face à cette pression démographique et à la transformation des métiers par l’intelligence artificielle, la question de l’adéquation entre formation et besoins des entreprises devient cruciale.

 “   si vous ne comprenez pas ces dynamiques, les besoins des consommateurs, les besoins du marché, vous aurez du mal à vous ajuster à ce marché. Donc un, un peu de culture, deux, l’adaptabilité et puis finalement de la créativité. Parce que quand on regarde ces instruments, c’est des inventions humaines. L’IA, c’est une invention humaine. Ça veut dire que l’être humain est tellement créatif qu’il se dépasse. Et justement, le monde de demain où l’IA va prendre le contrôle sur l’humain, qui est finalement pas si lointain que ça, oblige les jeunes à être un peu plus créatifs pour montrer les limites de cette IA, de cette technologie qui finalement risque de se substituer à l’homme.  ‘’

Didier Acouetey, Président du groupe AfricSearch – Togo 

Le problème ne se limite pas à l’accès à l’emploi. Il concerne aussi la capacité des jeunes à répondre aux nouvelles exigences des entreprises. Dans les métiers de la communication, la maîtrise de l’expression, la créativité et l’esprit critique doivent désormais s’accompagner de compétences numériques et d’une bonne connaissance de l’intelligence artificielle. Selon le Forum économique mondial, près de 40 % des compétences professionnelles devraient évoluer ou devenir obsolètes d’ici à 2030. Une transformation qui oblige les entreprises comme les établissements de formation à revoir leurs priorités.

‘’  Beaucoup de métiers vont nuer et beaucoup de métiers vont changer. Et donc dans ce contexte, il faut absolument que le système éducatif trouve une certaine souplesse, une certaine agilité pour trouver des formules qui permettent de former les jeunes aux métiers qui arrivent, que le système éducatif ne connaît pas, mais surtout leur donner des capacités d’adaptation. Celui qui ne sait pas s’adapter aura du mal à vivre dans le monde de demain.  ‘’

Didier Acouetey, Président du groupe AfricSearch – Togo 

Cette adaptation nécessite une coopération renforcée entre les écoles et les entreprises. Stages, alternance, mentorat, projets pratiques et formation continue doivent permettre aux jeunes d’acquérir des compétences directement mobilisables. En célébrant ses 30 ans en 2026, AfricSearch, fondé par Didier Acouetey en 1996, s’inscrit dans un secteur confronté à de nouveaux enjeux. Car au-delà de l’adaptation à l’intelligence artificielle, le défi reste de créer suffisamment d’emplois durables et de donner aux talents africains les moyens de les occuper.

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