L’Afrique cherche à changer de modèle économique. Face aux défis du financement, de l’industrialisation et de la dépendance aux matières premières, Afreximbank plaide pour une nouvelle stratégie : transformer les ressources africaines sur place, développer le commerce continental et renforcer la capacité financière du continent. C’était le 2 juillet 2026, à Abuja, au Nigeria, lors d’une conférence de presse du président de la banque, Dr George Elombi.
Face à un modèle longtemps basé sur l’exportation des matières premières, Afreximbank veut accélérer la transformation locale des ressources africaines. En cette année 2026, la banque affiche 49,4 milliards de dollars d’actifs et engagements conditionnels, 8,6 milliards de dollars de fonds propres, avec un ratio de solvabilité de 23 % et un taux de créances douteuses de 2,40 %. À Abuja, lors d’une conférence de presse, son président Dr George Elombi plaide pour davantage d’industries africaines capables de créer de la valeur, des emplois et de renforcer le commerce intra-africain.
«Et nous avons réussi à leur faire comprendre qu’en mettant l’accent sur le commerce, sur les infrastructures qui soutiennent les échanges, et sur le changement de mentalité des Africains, le commerce pouvait se faire avec l’Afrique elle-même et avec le reste du monde, et non plus selon un modèle unique, qui était le modèle colonial. Ce modèle était orienté dans une seule direction, alors que cette direction ne progresse pas aussi rapidement que d’autres régions du monde. Il faut donc ouvrir les esprits. En mettant l’accent sur cette ouverture d’esprit comme une source de développement du commerce, nous avons commencé à les convaincre que nous étions une institution différente. Nous sommes devenus extrêmement pertinents. Nous sommes aujourd’hui ce qu’ils appellent une institution contracyclique, mais aussi une institution axée sur l’impact en Afrique.»
George Elombi, Président d’Afreximbank – Cameroun
Pour atteindre cet objectif, Afreximbank identifie deux défis majeurs : le coût du financement et la perception du risque africain. En 2026, la banque a obtenu auprès de S&P Global Ratings une notation BBB+ à long terme et A-2 à court terme, une reconnaissance de sa solidité financière. Dans le secteur sanitaire, elle soutient également l’Africa Medical Centre of Excellence, avec l’ambition de développer la recherche médicale africaine et limiter les évacuations sanitaires vers l’étranger.
« Lorsque la notation est arrivée, cela n’a pas été une surprise pour eux. C’est ce à quoi ils s’attendaient, même s’ils pensaient qu’elle aurait dû être meilleure. Pour être honnête, nous estimons toujours que, si l’on lit le rapport des agences de notation, cette note se situe dans une fourchette allant de BBB (Triple B) à A. Mais comme Afreximbank opère dans un environnement considéré comme risqué, nous sommes réduits de deux ou trois niveaux. »
George Elombi, Président d’Afreximbank – Cameroun
Pour Afreximbank, la souveraineté africaine passe désormais par la capacité à produire, financer et commercer depuis le continent. Le défi reste de transformer ces ambitions en résultats concrets pour les économies et les populations africaines.