À l’occasion de la 14ème Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce au Cameroun, le commerce numérique apparaît comme un levier stratégique pour transformer l’économie africaine. Malgré les initiatives comme le projet « Digital Trade for Africa », le continent reste confronté à des défis majeurs d’infrastructures et d’accès à l’électricité, alors que se dessine l’opportunité de bâtir un marché numérique africain intégré.
À l’occasion de la 14ᵉ Conférence ministérielle de l’Organisation mondiale du commerce, qui se tient au Cameroun du 26 au 29 mars 2026, le commerce numérique s’affirme comme un levier clé de transformation économique en Afrique. Grâce à des initiatives comme le projet « Digital Trade for Africa » (DTA) mené avec la World Bank, le continent cherche à combler ses retards structurels en améliorant l’accès à Internet, les infrastructures numériques et l’harmonisation des règles sur les signatures électroniques et les flux de données.
« 600 millions d’Africains restent privés d’électricité, limitant fortement le développement du marché intérieur pour les start-ups. »
Tumentra Kennedy, Expert en commerce digital – Cameroun
Malgré ces efforts, l’Afrique reste freinée par un accès limité à Internet haut débit, des coûts élevés de connectivité et d’équipements, ainsi que par des pénuries d’électricité. Selon l’Agence internationale de l’Énergie et la Banque mondiale, pour 2024-2025, près de 600 millions d’Africains, soit 43 % de la population, n’avaient toujours pas accès à l’électricité, l’Afrique subsaharienne concentrant 85 % de ces personnes.
« L’impact est avant tout un étouffement financier direct : lorsqu’un entrepreneur numérique consacre 20 à 30 % de ses charges au carburant des groupes électrogènes, sa capacité d’innovation s’en trouve fortement réduite. »
Xiangchen Zhang, Directeur général adjoint de l’OMC – Chine
Lancée en 2023, l’initiative DTA a évalué les besoins numériques de six pays pilotes et soutient la mise en œuvre du Protocole sur le commerce numérique de la ZLECAf, visant un marché numérique africain intégré. Si ces engagements se traduisent en actions concrètes, l’Afrique pourrait redéfinir sa place dans le commerce mondial à l’ère digitale. À défaut, la fracture numérique et économique avec le reste du monde risque de s’aggraver.




