L’accès à un logement décent devient un défi majeur pour de nombreux pays africains. Sous l’effet d’une urbanisation accélérée et d’une croissance démographique soutenue, les besoins explosent alors que l’offre reste insuffisante. Résultat : les déficits de logements se creusent et les quartiers précaires gagnent du terrain. Focus sur une crise qui interpelle gouvernements, urbanistes et acteurs du développement.
L’Afrique connaît la plus forte croissance urbaine au monde. Aujourd’hui, près de 40 % des Africains vivent en ville, une proportion qui atteindra 60 % d’ici 2050. Selon les projections, la population urbaine du continent passera de 700 millions à 1,4 milliard d’habitants, soit 700 millions de citadins supplémentaires à loger en moins de 25 ans.
La crise du logement dans les grandes villes africaines est accentuée pas seulement par l’explosion démographique, mais aussi par la confusion des lois foncières. Les lois foncières ne sont pas toujours claires, d’où une ambiguïté à l’acquisition des parcelles.
JUSTIN HONORE MONDOMOBE , Expert en intelligence économique – Cameroun
Cette croissance met en lumière un déficit chronique de logements abordables. En Afrique, 62 % des logements urbains sont considérés comme informels. Le Nigeria accuse un déficit de plus de 17 millions de logements, tandis que la Côte d’Ivoire enregistre un manque de plus de 700 000 unités. À Abidjan, près d’un million de personnes vivent dans des quartiers précaires et le déficit est estimé à environ 600 000 logements.
La crise du logement pourrait être résolue de façon africaine. Il y a trois facteurs principaux. L’accessibilité et la disponibilité du financement du logement, pas seulement pour les salariés, mais aussi pour tous les acteurs économiques capables de produire une richesse. L’accessibilité facile à la propriété foncière, qui est souvent ambiguë et fait face à plusieurs problèmes de contentieux.
JUSTIN HONORE MONDOMOBE , Expert en intelligence économique – Cameroun
Pour les experts, l’enjeu dépasse la simple question du logement. Il s’agit de préparer les villes africaines de demain. Réformes foncières, logements sociaux, financement adapté aux ménages modestes et modernisation des quartiers existants figurent parmi les solutions avancées. Car sans une action rapide, l’explosion démographique pourrait transformer la crise du logement en véritable frein au développement économique et social du continent.



