Longtemps confrontées à des obstacles liés à l’accès au financement, à la formation ou encore aux réseaux professionnels, les femmes africaines s’imposent aujourd’hui comme des actrices incontournables du développement économique du continent. De l’entrepreneuriat local au commerce intra-africain, leur influence ne cesse de grandir, portée par des initiatives qui favorisent l’accompagnement, le mentorat et le renforcement des compétences. Focus sur ces femmes leaders qui contribuent à redessiner le paysage économique africain. Reportage.
En Afrique, le leadership feminin s’affirme comme un moteur crucial pour la mutation sociétale et économique. Malgré des obstacles structurels liés aux ressources financières et au mentorat, la synergie des talents féminins devient une condition sine qua non de leur émancipation. D’après les indicateurs de la BAD, environ 25% de la population féminine s’investit dans l’entreprenariat, bien que la fragilité de l’encadrement technique limite encore l’essor de leurs initiatives. Portée par cet élan, l’Ivoirienne Désirée Djomand s’illustre en tant qu’architecte du rayonnement féminin. A travers la Plateforme mondiale des femmes entreprenantes, elle s’attelle à accroître la représentativité et le poids économique des actrices du changement en Afrique.
“Le leadership féminin est une manière de rappeler. Ce n’est pas qu’elles ne le savent pas, mais de rappeler aux femmes le b. A. Ba pour pouvoir s’en sortir. Un mot tellement galvaudé qu’on lit souvent soit l’autorité, soit la position. On oublie que dans le leadership, il y a lead, conduire et qu’on va inspirer notre environnement immédiat, pas les valeurs que nous incarnons, par l’appui qu’on peut apporter à quelqu’un à un moment donné de sa vie.”
DÉSIRÉE DJOMAND, Présidente de la Plateforme mondiale des femmes entreprenantes – Côte d’Ivoire
Au-delà de l’entreprenariat classique, l’engagement féminin devient un pilier central des échanges commerciaux sur le continent. D’après ONU Femmes, elles assurent la gestion de 70% du commerce transfrontalier informel, s’érigeant ainsi en actrices clés de l’intégration régionale. Cette trajectoire, stimulée par la mise en œuvre de la ZLECAf, ouvre des perspectives inédites pour les entreprises dirigées par des femmes. Zahra Maafiri, directrice générale du cabinet de conseil ZAFRICS et distinguée Grand prix du Leadership féminin incarne cette ambition internationale, en facilitant l’insertion des initiatives féminines dans les circuits mondiaux à travers la transformation digitale et le renforcement des partenariats stratégiques.
«Le leadership féminin, il occupe une place centrale dans les programmes de l’organisation de l’Union africaine. Des programmes particuliers dans tout ce qui est l’implémentation de la grande zone de libre échange africaine continentale à travers son secrétariat au Ghana. Donc, il y a des programmes, il y a du soutien et de la sensibilisation et des programmes qui ont très bien réussi au Ghana, au Nigéria, au Kenya, au Maroc, en Tunisie, en Egypte.»
ZAHRA MAAFIRI, Directrice générale de Zafricxs – Maroc
Malgré ces progrès notables, des freins structurels limitent encore le plein épanouissement du potentiel féminin. Si elles représentent 58% de l’auto-entreprenariat en Afrique, leur accession aux instances de décision reste un défi majeur. Toutefois, les dispositifs de financement s’intensifient pour corriger ces disparités. En 2025, le groupe Ecobank a injecté 780 millions de dollars pour soutenir l’entreprenariat féminin, confirmant la reconnaissance de leur rôle moteur dans la croissance économique du continent.



