Afrique : 90% des emplois pourvus par le secteur privé

À Brazzaville, en marge des Assemblées annuelles de la Banque africaine de développement, le secteur privé africain était au cœur des échanges ce 25 mai 2026. Objectif : réfléchir aux moyens de transformer les immenses richesses du continent en croissance durable, en emplois et en prospérité partagée.

Dans une Afrique qui comptera bientôt 2,5 milliards d’habitants, les intervenants au forum sur l’investissement privé en Afrique ont insisté sur l’urgence de bâtir des économies capables de produire localement et de créer davantage de valeur ajoutée. Pour les participants, le secteur privé reste le moteur incontournable de cette transformation.

« Aucune économie n’a connu une transformation durable sans un secteur privé fort. L’histoire économique mondiale nous enseigne une vérité essentielle. Ce sont les entreprises qui créent les emplois. Ce sont les entreprises qui innovent. Ce sont les entreprises qui investissent. Et ce sont les entreprises qui accélèrent les transformations structurelles de nos économies. »

LÉANDRE BASSOLÉ, Directeur  régional de la BAD pour l’Afrique centraleBurkina Faso 

Aujourd’hui déjà, le privé représente plus de 70 % des investissements sur le continent, génère plus de 80 % des recettes publiques et fournit plus de 90 % des emplois. Malgré ce poids stratégique, les entreprises africaines continuent de faire face à de nombreux obstacles : accès limité au financement, infrastructures insuffisantes, environnement des affaires complexe et marchés encore fragmentés.

« Le potentiel à lui seul ne crée pas la prospérité. Le potentiel doit être transformé. Le ministre l’a mentionné. Et la question centrale aujourd’hui n’est pas de savoir si l’Afrique possède des ressources. La véritable question est comment transformer ces ressources en investissement. Comment transformer ces investissements en entreprises. Comment transformer ces entreprises en emplois. Et comment transformer ces emplois en prospérité partagée. »

LÉANDRE BASSOLÉ, Directeur  régional de la BAD pour l’Afrique centraleBurkina Faso 

Face à l’urgence, le forum appelle à une mobilisation collective: les États africains doivent promouvoir l’industrialisation et le contenu local via des politiques ambitieuses exemples du Kenya, de  l’Éthiopie ou encore du Maroc. Le financement est l’autre priorité; les institutions financières sont sollicitées pour soutenir les PME, ossature des économies, en privilégiant des mécanismes innovants et la mobilisation de l’épargne africaine.

« Je tiens à remercier la Banque africaine de développement d’avoir organisé ce séminaire. Il est essentiel que le secteur privé comprenne que nous ne pourrons pas saisir pleinement les opportunités offertes par la zone de libre-échange créée sur le continent africain si les banques et les gouvernements agissent seuls. Ce sont les industriels, les entrepreneurs, le secteur privé qui en seront les acteurs. Le gouvernement peut donc apporter son soutien en matière de politiques publiques, notamment par des mesures incitatives et fiscales. »

FRÉDÉRIC NZE, Ministre des Postes et TélécommunicationsCongo

Les investisseurs étrangers, notamment japonais, ont également affiché leur intérêt croissant pour l’Afrique. Mais ils réclament des partenaires locaux solides, un climat des affaires plus rassurant et des projets économiquement viables.

Au-delà des discours, ce forum marque surtout une volonté : faire du secteur privé le véritable levier de l’industrialisation africaine, de l’intégration régionale et de la transformation structurelle du continent.

Car pour les participants, l’Afrique ne doit plus seulement être un marché mondial, mais un moteur de croissance mondiale.

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