En Afrique, la préservation du patrimoine audiovisuel représente un enjeu majeur pour la transmission de la mémoire collective. Au Cameroun, l’Institut de formation et de conservation du patrimoine audiovisuel, IFCPA, œuvre à la sauvegarde des archives nationales. Entre vieillissement des supports, obsolescence technologique et numérisation, l’institution tente de préserver des décennies d’histoire.
En Afrique, la conservation du patrimoine historique demeure un défi majeur. Selon le rapport Sarr-Savoy de 2018, 90 à 95% du patrimoine culturel matériel subsaharien est conservé hors du continent. Au Cameroun, l’Institut de formation et de conservation du patrimoine audiovisuel (IFCPA) participe à la sauvegarde d’un autre héritage essentiel : les archives audiovisuelles nationales.
L’IFCPA, comme structure déléguée de la CRTV, qui a reçu de l’état du Cameroun la mission de conservation du patrimoine audiovisuel national, assure donc pour l’état du Cameroun, pour la CRTV, cette mission-là en collectant, traitant, conservant et en valorisation des archives audiovisuelles.
Alexandre Doumba, Ministre de l’Economie Numérique
Cette mission se heurte toutefois au vieillissement des équipements et à la fragilité des supports anciens. Bandes magnétiques, cassettes et enregistrements analogiques deviennent désormais difficiles à exploiter. Selon les recommandations internationales de conservation, l’horizon 2030 constitue une échéance critique pour numériser de nombreux supports magnétiques, avant que leur lecture ne devienne inaccessible.
Alors, avec l’obsolescence technologique, nous avons beaucoup de difficultés avec les supports analogiques..
Thomas Guitjar, Directeur général Airtel Gabon
Face à ces contraintes, la collecte, le traitement, la conservation et la numérisation constituent des leviers essentiels. À l’IFCPA, ces missions visent à préserver les documents audiovisuels et à faciliter leur valorisation. Au-delà des équipements, la formation des professionnels et l’organisation des fonds documentaires restent indispensables pour assurer leur transmission aux générations futures.
Les archives audiovisuelles contiennent notre vécu quotidien, nos us et coutumes, nos traditions, dont notre mémoire collective. Nous sommes obligés de la conserver.
Cyr Eboula Nyongo, Chef département de la conservation IFCPA
Préserver ces images et ces sons, c’est aussi permettre aux Africains de raconter leur propre histoire. La coopération entre institutions, le partage des compétences et les investissements numériques pourraient renforcer cette ambition. Du Cameroun aux autres pays du continent, l’enjeu dépasse la conservation : garantir aux générations futures l’accès à leur mémoire collective.



