À New York, le Maroc a présidé jeudi 24 septembre 2026 une réunion de haut niveau de la Commission de consolidation de la paix de l’ONU. Vingt ans après sa création, cette instance se réinvente autour d’une idée simple mais exigeante : la paix ne se décrète pas depuis l’extérieur, elle se construit avec et par les pays concernés.
Vingt ans après sa création, et sous la présidence du Maroc, la Commission de consolidation de la Paix de l’ONU (CCP) entend changer de méthode. L’appropriation nationale en devient le principe central.
Fini les projets de paix pilotés depuis l’extérieur, place à des institutions nationales capables de porter elles-mêmes cette stabilité, sur la durée.
A New York, le ministre Nasser Bourita plaide aussi pour des partenariats financiers plus solides avec les banques de développement, alignés sur les priorités de chaque État.
“La commission doit approfondir ses partenariats avec les institutions financières internationales. Les banques régionales de développement, les banques nationales de développement, et les autres partenaires financiers afin que le financement de la paix, investissements et développement se renforcent mutuellement autour des priorités nationales.”
NASSER BOURITA, Ministre des Affaires Étrangères et de la Coopération africaine – Maroc
Un principe partagé par les grandes institutions financières présentes à cette réunion de haut niveau. À la Banque africaine de développement, l’appropriation nationale n’est pas un slogan diplomatique : c’est la seule méthode qui fonctionne durablement sur le terrain.
“Ce matin nous avons débattu, de l’importance de l’appropriation nationale de tous ces efforts. La paix ne s’importe pas, elle ne s’impose pas, elle se construit de l’intérieur avec les différents acteurs, s’alignant sur les agendas nationaux, avec des acteurs nationaux, avec des institutions nationales et avec le soutien de toute la communauté internationale.”
Marie Laure AKIN-OLUGBADE, Vice Présidente de la Banque Africaine de Développement – Cameroun
Un constat que partagent les pays directement concernés par l’instabilité régionale. Le Togo voit dans cette approche marocaine, une portée très concrète, notamment face aux menaces qui pèsent dans la sous-région ouest africaine.
“ Nous pensons que par le biais de cette commission, le Maroc est en train de prévenir les conflits. Non seulement en Afrique, et particulièrement en Afrique de l’Ouest et dans la région du Sahel. Nous souhaitons que cette 20ème session, présidé par le Maroc, puisse conduire à plus de paix, à plus de dialogue, à plus de tolérance, en Afrique.”
ROBERT DUSSEY, Ministre des Affaires Etrangères et de l’Intégration Régionale – Togo
Concrètement, Rabat propose d’aller plus loin : des sessions de la Commission délocalisées dans les pays concernés, et un « diagnostic d’appropriation nationale » pour identifier, avec chaque État, les capacités réellement nécessaires à une paix durable. Une manière d’inverser la logique habituelle de la consolidation de la paix : partir des priorités nationales, pour ensuite mobiliser les ressources internationales — et non l’inverse.



