Le 1er juin 2026, le président béninois Romuald Wadagni a effectué sa première visite officielle à l’étranger en se rendant au Nigeria, seulement huit jours après son investiture. Un déplacement hautement symbolique qui confirme la priorité accordée par le nouveau chef de l’État aux relations avec son voisin nigérian. Cette rencontre avec le président Bola Tinubu s’inscrit dans un contexte marqué par des enjeux sécuritaires, économiques et énergétiques majeurs en Afrique de l’Ouest.
Le président du Bénin, Romuald Wadagni, a effectué sa première visite officielle à l’étranger au Nigeria, le 1er juin 2026, seulement huit jours après son investiture du 24 mai. Il a été reçu à Lagos par le président nigérian Bola Tinubu, à la résidence de Bourdillon. Cette visite intervient dans un contexte marqué par les événements de décembre 2025, lorsque le Nigeria avait déployé des troupes et des avions de chasse pour soutenir les institutions béninoises lors d’une tentative de coup d’État. Elle illustre la solidité des relations entre les deux pays voisins qui partagent une frontière de 773 kilomètres et un important volume d’échanges commerciaux estimés entre 3 et 6 milliards de dollars par an selon la Banque mondiale et la Banque africaine de développement.
“Je pense qu’Abuja, malgré tout, reste pour moi intéressant comme première destination. Il y a un axe à bâtir, même si avec les pays de l’AES, il faut battre le fer pendant qu’il est chaud. Les ministres sectoriels qui ont été nommés au niveau de la défense et de la sécurité peuvent commencer déjà à renouer ouvertement le contact avec ces pays-là, en attendant de trouver la bonne forme pour quelque chose de bilatéral, quelque chose de tripartite entre le Niger, le Bénin et le Nigéria, ou alors au sein de l’UEMOA, que tout le monde se renvoie.”
Joël ATAYI GUEDEGBE, Expert en gouvernance – Bénin
Au cœur des discussions, plusieurs enjeux stratégiques dominent. D’abord la sécurité transfrontalière, alors que le nord du Bénin est confronté à des menaces liées aux groupes armés, tandis que le Nigeria lutte contre Boko Haram et l’ISWAP dans sa région nord-est. Ensuite, les échanges économiques, notamment via le port de Cotonou, qui constitue un point central du transit vers le Nigeria, en particulier sur le corridor Cotonou–Kano. Enfin, la coopération énergétique à travers le West African Gas Pipeline, essentiel à l’approvisionnement électrique du Bénin. En 2025, le Nigéria est resté le premier partenaire commercial du Bénin en Afrique de l’Ouest, confirmant l’interdépendance économique entre les deux États.
“Abuja, on l’a déjà normalisé. Donc, il y a déjà une situation là. C’est un jeune face à son père, pratiquement. Donc, il peut aller prendre des conseils chez le père. C’est une option. Après, le président choisira. Que ce soit la sous-région quand même. Moi, j’aurais bien souhaité qu’elle soit dans la sous-région. Même en allant au Nigeria, ils ne vont pas aller à l’AES. En allant au Togo, ils ne vont pas aller à l’AES.”
Agapit Napoléon MAFORIKAN, Consultant politique – Bénin
Cette première visite officielle de Romuald Wadagni au Nigeria confirme une priorité diplomatique claire : renforcer l’axe Abuja–Cotonou autour de la sécurité, du commerce et de l’énergie. Elle marque le début d’une diplomatie entre deux pays dont les intérêts économiques et stratégiques sont profondément liés en Afrique de l’Ouest.



