Alors que l’aviation civile mondiale poursuit sa croissance, avec une progression attendue de 2,6 % fin 2026 selon les prévisions de l’Association du transport aérien international (IATA), le continent africain peine à tirer pleinement parti de cette dynamique. Entre fragilités financières, coûts d’exploitation élevés et déficit de connectivité, le secteur aérien africain reste confronté à des défis structurels qui freinent son essor.
Bien qu’il recèle un potentiel considérable, le secteur aérien africain demeure ralenti par des coûts d’exploitation élevés, une faible rentabilité ainsi que des fragilités financières. L’envolée du prix du carburant, la pression fiscale, la vétusté des flottes et le blocage de certaines recettes restreignent la capacité d’investissement. L’ensemble de ces obstacles entrave la croissance d’une industrie pourtant stratégique pour le commerce et l’intégration économique à l’échelle du continent.
“ Le trafic en Afrique représente trois trois pour cent seulement du trafic mondial, alors que la population représente dix huit pour cent de la population mondiale. Il y a beaucoup d’efforts encore à faire pour augmenter la part de marché des compagnies aériennes africaines en termes de profitabilité. Les compagnies aériennes africaines font un bénéfice annuel de d’environ 200 millions USD, ce qui est assez faible si on compare aux bénéfices, euh, de l’ensemble des compagnies aériennes mondiales. Ceci est dû notamment au fait que, euh, les coefficients de remplissage restent encore assez faibles, de l’ordre de 73 à 74 %, alors que la moyenne mondiale est de 85 %.”
Abderahmane BERTHE, Secrétaire général de l’Association des compagnies aériennes africaines – Mali
En Afrique, le manque de connectivité aérienne constitue un obstacle majeur. Entre restrictions de visas, réglementations rigides et insuffisance des infrastructures, les voyages deviennent plus complexes et onéreux. Pour y remédier, l’Association des compagnies aériennes africaines (AFRAA) encourage l’ouverture des marchés et l’allègement de la fiscalité afin de dynamiser la mobilité, d’encourager les échanges et de consolider l’intégration régionale.
“ Nous travaillons aussi avec le secrétariat de la de la Zlecaf pour voir comment on peut améliorer et surtout, euh, développer des routes, euh cargos, des corridors cargos à travers le continent. Parce que euh, l’Afrique est un très vaste, euh, ce n’est que par le transport aérien qu’on peut connecter, en fait, euh, le continent et certains types, euh, de transport cargo nécessite l’aérien, Tout ce qui est transport de, euh, de périssables ou d’objets de valeur, euh, ne peuvent être transportés efficacement que par le transport aérien.”
Abderahmane BERTHE, Secrétaire général de l’Association des compagnies aériennes africaines – Mali
En dépit de ces entraves, l’IATA projette de franchir le cap des 411 millions de passagers en Afrique d’ici 2044. L’aviation d’affaires connaît aussi un bel essor, en particulier en RDC. Néanmoins, pour s’inscrire dans l’objectif de neutralité carbone fixé à l’horizon 2050, cet essor devra s’appuyer sur l’essor prioritaire des carburants d’aviation durables.
“ J’observe une nette progression de la demande dans les régions où l’activité économique se développe rapidement, notamment en République démocratique du Congo (RDC). Le Nigeria demeure également un marché particulièrement dynamique, tandis que le tourisme poursuit sa croissance en Afrique de l’Est. À l’heure actuelle, les principaux marchés de l’aviation d’affaires restent concentrés en Afrique australe, avec l’Afrique du Sud en position centrale, ainsi qu’en Afrique de l’Ouest, notamment au Nigeria et au Ghana, où le secteur connaît un essor croissant.”
Danie Joubert, Vice President Sales Africa · Jetcraft – Afrique du Sud
D’ici 2026, si le trafic mondial devrait grimper à 5,2 milliards de passagers, l’Afrique n’en comptera que 149 millions. Pâtissant également de 954 millions de dollars de fonds bloqués à l’automne 2025 et d’un manque criant de vols directs (présents sur seulement 9 % des routes intra-africaines), le secteur doit impérativement lever ces verrous pour devenir un véritable levier d’intégration et d’essor économique