Avec 90% des lignes tarifaires libéralisées depuis 2025, l’économie sud-africaine s’adosse à la puissance d’Afreximbank pour transformer l’essai de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf). Entre une croissance régionale bondissant de 12,4 % et un secteur automobile en pleine accélération, l’Afrique du Sud redessine sa politique industrielle à l’échelle d’un marché de 3 400 milliards de dollars. Ce virage stratégique marque l’avènement d’une ère où la finance africaine devient le carburant direct d’une industrialisation souveraine et partagée.
Première économie industrialisée du continent, l’Afrique du Sud confirme son poids dans les échanges africains. En 2023, elle concentrait 29,7 % des exportations intra-africaines, pour un volume de 547 milliards de rands, tandis que son commerce extérieur représentait 65,7 % du PIB. L’entrée en vigueur opérationnelle de la ZLECAf agit comme un accélérateur. Le marché continental, fort de 1,4 milliard de consommateurs et d’un PIB combiné de 3 400 milliards de dollars, redéfinit les priorités commerciales. Entre janvier 2024 et mars 2025, les exportations préférentielles sud-africaines ont atteint 820 millions de rands, contre 610 millions de rands d’importations. Dans ce contexte, le ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Concurrence inscrit l’adhésion à Afreximbank dans une lecture institutionnelle assumée.
« L’engagement du Dr ELOMBI à travailler avec nous pour parvenir à la mise en œuvre du programme pays a été déterminant. Nous avons expliqué que notre démarche consistait à convertir les parts de la SAIC en participation souveraine. Mais l’ambition va plus loin : il s’agit de restructurer la SAIC et de créer une Ex-Im Bank locale ou une agence nationale de crédit, capable de soutenir les entreprises, soit à travers la SAIC, soit en complément de la CIC.»Parks Tau, Ministre du Commerce, de l’Industrie et de la Concurrence – Afrique du Sud
En 2024, le commerce intra-africain a progressé de 12,4 % pour atteindre 220 milliards d’euros, plaçant l’Afrique parmi les rares régions au-dessus de la moyenne mondiale. L’Afrique du Sud s’affirme comme l’un des moteurs de cette dynamique, notamment dans l’automobile. Les exportations sud-africaines vers le continent ont atteint 2,6 milliards de rands en 2024, en hausse de 12,4 %, aux côtés du Maroc. La suppression progressive des droits de douane sous la ZLECAf ouvre un potentiel de croissance immédiat à l’horizon 2026.
« L’Afrique doit d’abord se connecter à elle-même afin de financer ses propres investissements et soutenir son développement industriel. Le Secrétariat de la ZLECAf s’apprête à renforcer la collaboration entre l’Afrique du Sud et Afreximbank , en œuvrant collectivement à la construction d’un continent intégré, industrialisé et prospère.»Wamkele Mene, Secrétaire général de la ZLECAf – Afrique du Sud
À moyen terme, le commerce intra-africain pourrait progresser de 50 % sur dix ans, tandis que la croissance continentale est attendue à 3,8 % en 2025 et 4,1 % en 2026. Pour Pretoria, Afreximbank devient le bras financier de cette trajectoire, sécurisant l’industrialisation et soutenant l’expansion régionale.



