En Afrique du Sud, des réformes majeures sont en cours au Department of Home Affairs, après qu’une enquête gouvernementale a révélé un niveau de corruption profondément enraciné dans le traitement des visas, permis et documents officiels. Selon le rapport provisoire du Special Investigating Unit (SIU), certains fonctionnaires ont transformé les procédures administratives en véritable marché où visas et permis étaient vendus au plus offrant. Des millions de rands auraient changé de mains sous forme de pots « de »vin, parfois via des comptes bancaires de proches.
“Pour la première fois, le SIU nous a effectivement permis de mettre en lumière les recoins les plus profonds et les plus sombres de ces processus. En exposant à la fois les présumés auteurs et les failles systémiques qui ont permis leur manipulation, le ministère de l’Intérieur est désormais en mesure de prendre des mesures décisives contre ceux qui ont échappé trop longtemps à toute sanction pour leurs manquements. C’est exactement ce que nous sommes en train de faire.”
Leon Amos Schreiber, Ministre de l’Intérieur – Afrique du sud
Ce discours du ministre de l’Intérieur, prononcé lors de la présentation du rapport du SIU, marque un tournant dans la politique du département, qui promet de digitaliser davantage les procédures et d’accroître les contrôles internes pour réduire les opportunités de fraude. Depuis le début de cette offensive, plusieurs dizaines de fonctionnaires ont été licenciés, et le département prépare la révocation de plus de 2 000 visas frauduleusement délivrés.
“Au cours des 20 derniers mois, toutefois, sous cette administration, le Gouvernement d’unité nationale a agi avec urgence et détermination pour s’attaquer aux causes profondes de ces décennies de dégâts. Notre objectif est simple : restaurer l’État de droit au sein du ministère de l’Intérieur, et notre stratégie pour y parvenir repose sur trois piliers essentiels : Détecter et enquêter sur la fraude et la corruption. Assurer la responsabilité de ceux qui en sont responsables. Utiliser la transformation numérique pour mener une réforme systémique, réduisant ainsi les possibilités de discrétion, d’ingérence et de manipulation.”
Leon Amos Schreiber, Ministre de l’Intérieur – Afrique du sud
Les experts estiment que ces réformes, si elles sont pleinement appliquées, pourraient contribuer à restaurer la confiance dans un pilier essentiel de l’administration publique et renforcer le respect de l’État de droit dans un secteur longtemps entaché par la maladministration.



