Face aux risques inflationnistes alimentés par la flambée des prix de l’énergie et les tensions géopolitiques au Moyen-Orient, la Banque centrale du Kenya a opté pour la stabilité en maintenant son taux directeur à 8,75 % le 12 août 2026. Cette décision s’inscrit dans un contexte macroéconomique intérieur plutôt favorable, marqué par une croissance résiliente de 5,3 % au premier trimestre et une progression de 10,2 % du crédit au secteur privé en juillet, encouragée par les assouplissements monétaires précédents. Toutefois, le resserrement de la conjoncture internationale pèse sur les équilibres extérieurs du pays, le déficit du compte courant s’étant creusé pour atteindre 3 % du PIB. Pour y faire face, l’institution peut s’appuyer sur de solides réserves de change évaluées à 15,25 milliards de dollars, soit l’équivalent de 6,3 mois d’importations, lui permettant de défendre la monnaie nationale et de maintenir les anticipations d’inflation sous contrôle.
La Banque centrale du Kenya maintient son taux directeur à 8,75 % pour la troisième fois consécutive. Cette décision, annoncée le 12 août 2026, s’aligne sur la prudence de neuf autres banques centrales africaines. L’inflation mondiale devrait également augmenter pour atteindre 4,7 % en 2026, contre 4,1 % l’an dernier, principalement en raison de la hausse des coûts de l’énergie et des transports. L’objectif est de concilier la hausse mondiale des carburants et les tensions au Moyen-Orient avec la reprise nationale. L’institution cherche ainsi à stabiliser le shilling kényan face aux multiples chocs extérieurs. Cette politique vise enfin à maintenir fermement les anticipations d’inflation dans la fourchette cible.
“L’inflation globale au Kenya devrait rester dans la fourchette cible à court terme en supposant une désescalade progressive du conflit. Cette situation sera soutenue par des mesures de politique monétaire appropriées, une stabilité attendue des prix alimentaires, des interventions gouvernementales incluant des subventions et une réduction temporaire de la TVA sur les carburants ainsi qu’un taux de change stable.”
Kamau Thugge, Gouverneur de la Banque centrale du Kenya – Kenya
Le gouverneur a également déclaré qu’un choc prolongé dû au conflit pourrait contraindre la banque centrale du Kenya à revoir sa stratégie de change, les contrats à terme ayant fortement augmenté.
“La banque centrale doit évaluer si elle peut poursuivre son cycle de baisse des taux sans compromettre la stabilité du marché des changes, compte tenu du caractère asymétrique des risques externes “
Kamau Thugge, Gouverneur de la Banque centrale du Kenya – Kenya
Selon CBK, le shilling kényan a franchi ce mois-ci la barre des 130 pour un dollar, sa plus forte baisse depuis novembre. Malgré ce seuil franchi, la monnaie nationale n’affiche qu’une légère dépréciation de 0,7 % depuis le début de 2026. Les réserves de change s’élevaient à 13,7 milliards de dollars début avril, garantissant près de six mois d’importations. Ce niveau solide, supérieur au seuil critique de quatre mois, a été soutenu par les exportations agricoles et les transferts de fonds.



