Face aux enjeux de souveraineté technologique et de protection des données, les dirigeants africains veulent faire de l’IA un moteur de croissance, d’innovation et d’emplois pour une jeunesse en pleine expansion. Entre investissements, formation et développement des infrastructures, l’Afrique affiche désormais son ambition de compter parmi les acteurs de la révolution numérique mondiale.
L’Afrique affiche désormais une volonté ferme de se positionner en tant qu’acteur stratégique de la révolution numérique mondiale. Cette ambition a été clairement manifestée lors de plusieurs événements majeurs organisés en 2026. Parmi ces rendez-vous clés, on compte l’Africa Digital Transformation Summit, organisé à Alger en mars 2026, le Connected Africa Summit tenu à Nairobi en avril 2026, ainsi que le sommet Africa Forward, accueilli également à Nairobi en mai 2026. Ce dernier a mis l’accent sur des thématiques cruciales telles que le financement, la souveraineté technologique et l’intelligence artificielle. Ces rencontres de haut niveau qui rassemblent chefs d’État, ministres, investisseurs et leaders de la technologie visent à faire de l’Afrique un acteur majeur de l’économie numérique mondiale, capable de développer ses propres solutions en matière d’intelligence artificielle.
L’intelligence artificielle est à l’origine de certaines des innovations les plus révolutionnaires de notre époque et accélère le rythme de la transformation numérique. Dans tous les secteurs, les avantages de l’intelligence artificielle sont évidents : une productivité accrue, une prise de décision mieux informée et une réduction des erreurs humaines. Il est toutefois regrettable que l’essor de cette nouvelle technologie soit éclipsé par la concurrence géopolitique. Pour l’instant, le développement technologique se concentre dans quelques pays. L’Afrique ne peut se permettre de rester à la traîne. Une fois de plus, pour rattraper notre retard, nous devons nous adapter, coopérer et rivaliser, car c’est dans notre intérêt de le faire.
Paul Kagame, Président de la République – Rwanda
Pour les dirigeants africains, l’IA est un puissant levier de transformation économique et sociale. Elle peut améliorer les diagnostics médicaux, surveiller les épidémies, optimiser l’agriculture face au changement climatique, et créer des opportunités dans l’éducation, les services publics et l’emploi pour la jeunesse dont les jeunes africains représenteront 42% des jeunes mondiaux d’ici 2030. Des initiatives continentales, comme l’alliance Smart Africa avec plus de 40 États impliqués, sont déjà lancées pour la transformation numérique.
Dans un contexte international de plus en plus tendu, l’heure est au réalisme stratégique, et nous devons en tirer les leçons. Dans ce contexte, il serait imprudent pour notre continent de fonder ses espoirs uniquement sur la bonne volonté et la générosité de nos partenaires. L’intelligence artificielle ne fera pas exception.
Faure Gnassingbé, Président du Conseil – Togo
Face à l’urgence de l’investissement dans la formation des jeunes aux métiers du numérique et de l’IA, des pays comme le Rwanda, le Kenya, le Nigeria, le Ghana, le Maroc et l’Afrique du Sud multiplient les programmes de formation technologique, les incubateurs et les partenariats. Le Kenya mise sur son économie numérique et l’IA souveraine, tandis que le Rwanda développe son écosystème technologique avec des centres d’innovation. Plusieurs États investissent aussi dans les centres de données, la cybersécurité et le haut débit pour renforcer la souveraineté numérique africaine et réduire leur dépendance étrangère.
Nous devons aller de l’avant pour veiller à ce que le continent africain adopte ces politiques de développement, notamment en ce qui concerne le développement de l’IA avec les ressources disponibles. Il est évident que, pour financer les start-ups et harmoniser les règles et réglementations dans nos pays, certaines politiques doivent être mises en place, et nous pouvons mobiliser ces ressources.
Mahmoud Ali Youssouf, Président de la Commission de l’Union africaine – Djibouti
La transition numérique africaine soulève par ailleurs des craintes de fracture, de dépendance technologique et d’exploitation des données, les États africains appellent à une gouvernance mondiale de l’Intelligence artificielle plus équitable et une meilleure représentation pour bâtir une souveraineté numérique africaine et faire du continent une puissance technologique.