Réunis à Cotonou pour la 7ᵉ réunion ministérielle du Processus des États africains atlantiques, les pays membres veulent accélérer la construction d’un espace maritime africain plus sûr et plus intégré. Face aux perturbations du commerce mondial et aux tensions sur les grandes routes maritimes, le Maroc estime que l’Afrique doit devenir un acteur de la gouvernance océanique. Objectif : renforcer la sécurité maritime, moderniser les infrastructures portuaires et développer une économie bleue capable de soutenir la croissance du continent.
Avec 90 % du commerce mondial transporté par voie maritime, soit plus de 12 milliards de tonnes de marchandises représentant 18 000 milliards de dollars d’échanges chaque année, la maîtrise des espaces maritimes s’impose comme un enjeu économique de premier ordre. Réunis à Cotonou au Bénin, les 23 États membres du Processus des États africains atlantiques (PEAA) veulent transformer cette façade maritime en moteur de croissance. Pour le Maroc, les récentes tensions sur les routes commerciales mondiales imposent désormais de passer d’une logique de concertation à une stratégie d’action.
“Je me félicite à cet égard que la déclaration puisse encourager le développement des énergies renouvelables, y compris les énergies marines, et appelle à la mobilisation de financements. Ces financements sont cruciaux. Les besoins de l’Afrique en matière de transition énergétique sont estimés à plus de 100 milliards de dollars d’ici 2030. Le Maroc, avec son objectif de porter la part des énergies renouvelables à 52 % de sa capacité électrique installée d’ici 2030, dispose d’une expertise qu’il est prêt à partager avec ses pays frères africains.Nous avons déjà investi plus de 8 milliards de dollars dans ce secteur et nos projets solaires, tels que Noor, parmi les plus grands au monde, produisent à eux seuls l’équivalent de la consommation électrique au profit de 2 millions de foyers.”
MOHAMED METHQAL, Ambassadeur, directeur général de l’AMCI – Maroc
La crise du détroit d’Hormuz en 2026 a rappelé la dépendance de l’économie mondiale aux corridors maritimes : près de 70 % du trafic pétrolier y a été perturbé, entraînant une hausse des prix de l’énergie comprise entre 15 et 25 % et des ruptures dans les chaînes d’approvisionnement. Face à ces risques, le Maroc appelle les pays africains atlantiques à renforcer leur coopération en matière de sécurité maritime, de partage du renseignement et de lutte contre la piraterie, responsable de 95 % des enlèvements en mer dans le monde dans le golfe de Guinée. Le Royaume du Maroc plaide également pour une réponse coordonnée contre les trafics transnationaux, la pêche illicite et les cybermenaces visant les infrastructures portuaires.
“Nous convergent tous sur le rôle stratégique de l’économie bleue durable dans la transformation économique de l’espace afro atlantique. Cette reconnaissance est en soi importante car trop longtemps nos économies ont négligé le potentiel de nos espaces maritimes. Aujourd’hui, nous comprenons que l’économie bleue, y compris la pêche durable, l’aquaculture, le tourisme côtier, les biotechnologies et les énergies marines, sont un levier de création de richesses et d’emplois et nous résolvons à agir en conséquence.Je me félicite déjà que la déclaration de Cotonou puisse encourager le développement de corridors logistiques verts visant à promouvoir des infrastructures portuaires modernes, résiliente, interconnectée et respectueuse de l’environnement. ”
MOHAMED METHQAL, Ambassadeur, directeur général de l’AMCI – Maroc
Le potentiel économique de l’Afrique reste largement sous-exploité, le continent concentre 17 % de la population mondiale et 20 % des terres émergées, mais ne dispose que de 5 % de la capacité portuaire mondiale. Selon les estimations présentées à Cotonou, une augmentation de seulement 5 % de la part de l’Afrique dans le commerce maritime mondial pourrait générer près de 900 milliards de dollars supplémentaires pour les économies africaines. Pour accompagner cette ambition, le Maroc mise sur des infrastructures de référence comme Tanger Med, qui traite plus de 150 millions de tonnes de marchandises par an et relie plus de 180 ports dans le monde, ainsi que sur le futur port Dakhla Atlantique, destiné à renforcer l’intégration logistique des États africains sans littoral.



