En accédant à la présidence du Conseil des ministres de l’Organisation des États d’Afrique, des Caraïbes et du Pacifique (OACPS) le 16 juillet 2026, l’Éthiopie s’affirme comme le fer de lance de la coopération Sud-Sud. À travers ce mandat stratégique, l’Ethiopie ambitionne de transformer le bloc en une force diplomatique incontournable, capable de peser sur les grands équilibres mondiaux et de mobiliser des financements durables face aux défis climatiques et économiques actuels.
L’Éthiopie assume officiellement la présidence tournante du Conseil des ministres de l’OACPS du 1er août 2026 au 31 janvier 2027. Ce passage de témoin, acté lors de la 121e session du Conseil à Bruxelles les 15 et 16 juillet derniers, place le pays à la tête d’un ensemble hétérogène de 79 États membres représentant plus d’un milliard d’habitants. Pour l’Ethiopie, l’enjeu est clair : insuffler une nouvelle dynamique à cette organisation intercontinentale en s’appuyant sur les récents acquis diplomatiques et institutionnels.
« Je n’ai jamais réussi à le faire. C’est pourtant impératif d’accepter une réalité très douloureuse. Les contraintes financières et administratives posent désormais un énorme défi pour cette organisation, voire un défi existentiel. Ces vulnérabilités sont principalement le résultat d’une diminution de l’engagement concernant le paiement des contributions statutaires, les contributions des États membres. »
Taye Atske Sélassié, Président de la République – Ethiopie
Sous l’impulsion de Semereta Sewasew, ministre d’État aux Finances, la feuille de route éthiopienne place la mise en œuvre de l’Accord de Samoa au cœur de son action. La priorité est donnée à la mobilisation de l’Instrument Europe de l’Extérieur, doté de 79,5 milliards d’euros, pour financer des projets de résilience climatique et de connectivité interrégionale. L’Éthiopie, deuxième économie d’Afrique de l’Est avec un PIB de 160 milliards de dollars, entend projeter son propre modèle de croissance sur l’ensemble de la zone, ciblant un marché d’échanges intra-OACPS de plus de 300 milliards de dollars.
« À l’avenir, l’Organisation devra également explorer d’autres moyens créatifs d’augmenter ses ressources financières. La contribution des États n’a jamais été suffisante à cet effet. Mon pays est l’un des rares pays, si je ne me trompe pas, à avoir honoré consécutivement sa contribution aux États au cours des 50 dernières années. »
Taye Atske Sélassié, Président de la République – Ethiopie
Au-delà des aspects techniques, cette présidence symbolise la quête d’un multilatéralisme plus équitable. En se faisant le porte-voix des États les moins avancés et des nations insulaires vulnérables, l’Éthiopie renforce son leadership diplomatique. Cette étape cruciale témoigne de la volonté d’Addis-Abeba de bâtir un partenariat Sud-Sud solide, capable de répondre aux aspirations de développement dans un monde en pleine mutation géopolitique.



