Mali : Assimi Goïta consolide la Refondation

Le Mali aborde une nouvelle étape de sa refondation, six ans après le renversement d’Ibrahim Boubacar Keïta, le 18 août 2020. La rupture avec l’ancien régime a entraîné une profonde recomposition politique, sécuritaire et géopolitique, ainsi qu’un changement majeur dans les choix stratégiques du pays. Mais les difficultés qui avaient alimenté la contestation demeurent en partie. Pour les autorités, l’enjeu est désormais de consolider la souveraineté tout en répondant aux défis de sécurité, de gouvernance, de justice et de participation citoyenne. 

6 ans après avoir renversé Ibrahim Boubacar Keïta, le 18 août 2020, les nouvelles autorités maliennes ont consolidé leur pouvoir au-delà de la phase initiale de la transition d’une durée de 18 mois. Après l’interruption de la première transition conduite par Bah N’Daw en mai 2021, le colonel devenu général d’armée Assimi Goïta a mené la révision de la Charte de Transition en juillet 2025, qui lui a octroyé un mandat de 5 ans renouvelable « jusqu’à la pacification du pays ». Dans le même mouvement, les partis politiques ont été dissous en mai 2025 tandis que le Mali a redessiné ses alliances : départ des troupes françaises de Barkhane en 2022, fin de la MINUSMA en 2023, rupture avec la Cédéao le 29 janvier 2025, et rapprochement assumé avec la Russie via l’Africa Corps. 

“ Derrière la diversité des secteurs apparaît une ambition commune de construire un État capable de protéger, de produire, d’éduquer, de soigner, d’employer et d’inspirer confiance. Les compatriotes reconnaissent les progrès accomplis, notamment en matière de souveraineté, de sécurité et de restauration de l’autorité de l’État. En même temps, ils expriment également des attentes fortes.”

Abdoulaye Maïga, Premier ministre Mali

Sur le terrain sécuritaire, le tableau reste contrasté. Le gouvernement revendique une armée transformée par l’acquisition de drones, d’aéronefs et de véhicules blindés, une montée en puissance qui a permis la reprise symbolique de Kidal en novembre 2023. Mais les groupes armés continuent d’opérer. Les corridors commerciaux vers le Sénégal, la Côte d’Ivoire, la Guinée et la Mauritanie restent exposés aux perturbations, et l’ONU évalue à 5,1 millions le nombre de Maliens ayant besoin d’aide humanitaire en 2026, pour un plan d’assistance de 577,9 millions USD largement sous-financé.

“ Sur le plan sécuritaire, nos forces armées et de sécurité ont connu une montée en puissance sans précédent. Mesdames et messieurs, le temps des épreuves nous a forgé, le temps de la refondation nous a rassemblés, le temps de l’espérance nous appelle désormais à construire avec confiance et détermination le Mali des générations futures.”

Abdoulaye Maïga, Premier ministre Mali

Côté économie, le Mali affiche une résilience réelle : la Banque mondiale table sur une croissance proche de 5 % en 2026, portée par l’agriculture, les services, les télécoms et le lithium. Mais le recul de la production industrielle d’or, les difficultés énergétiques et l’insécurité pèsent sur ces perspectives. 

Agenda

Bouton retour en haut de la page
logo Africa24tv

CONTACTEZ NOUS

xxxxxxx@yyy.com