Afrique – Nucléaire: 4800 MW à développer d’ici 2028

L’avenir énergétique de l’Afrique se discute à Kigali. La capitale rwandaise accueille la deuxième édition du Sommet sur l’innovation en matière d’énergie nucléaire pour l’Afrique, le NEISA 2026. Alors que plusieurs pays du continent envisagent désormais le nucléaire civil comme une solution aux déficits énergétiques et aux impératifs climatiques, décideurs, financiers et experts cherchent à définir une feuille de route commune pour accélérer cette transition. 

Longtemps perçue comme inaccessible ou réservée aux grandes puissances, l’énergie nucléaire revient progressivement dans le débat énergétique africain. À Kigali, le sommet sur l’innovation en matière d’énergie nucléaire en Afrique, NEISA 2026 met l’accent sur une nouvelle génération de technologies, notamment les petits réacteurs modulaires et les micro-réacteurs, présentés comme plus flexibles et mieux adaptés aux réalités africaines. Mais derrière l’enthousiasme, les défis restent considérables, notamment en matière de financement et de gouvernance. 

Les géants du numérique ont compris une vérité fondamentale : il ne peut y avoir d’intelligence artificielle performante sans une énergie fiable, disponible à la demande et décarbonée. C’est également un message pour l’Afrique : il ne peut y avoir de souveraineté numérique africaine sans souveraineté énergétique africaine. Mais soyons lucides : les ambitions ne sont que de bonnes intentions et ne suffiront pas à concrétiser cet avenir. Le financement restera un défi central : le coût du capital reste élevé, les projets restent fragmentés et de nombreux pays ne disposent toujours pas de l’écosystème institutionnel nécessaire pour passer de l’ambition politique à des projets bancables.

Lassina ZERBO, Président du Rwanda Atomic Energy BoardBurkina Faso

Le Rwanda, qui accueille ce sommet pour la deuxième fois consécutive, veut justement se positionner parmi les pays africains pionniers dans ce domaine. Malgré les défis liés aux coûts élevés et au cadre réglementaire, le pays a largement avancé dans la mise en œuvre d’un programme nucléaire qui sera bientôt opérationnel selon les autorités rwandaises.

Le Rwanda se réjouit d’avoir mené à bien la première phase de l’examen intégré de son infrastructure nucléaire mené par l’Agence Internationale pour l’Energie Atomique. Nous avons l’intention de rendre l’énergie nucléaire opérationnelle d’ici le début des années 2030, et cette évaluation confirme que nous sommes sur la bonne voie. Pour l’Afrique, l’énergie n’est pas seulement une question de développement, c’est le fondement de la croissance industrielle et de la compétitivité.

Paul KAGAME, Président de la RépubliqueRwanda

Au-delà du Rwanda, plusieurs pays africains avancent déjà dans la construction d’un cadre réglementaire et institutionnel destiné à accueillir cette technologie. Le Togo, par exemple, explore l’option des micro-réacteurs pour les zones non connectées au réseau national, dans un contexte international devenu plus favorable au nucléaire civil après l’évolution des politiques climatiques et financières mondiales. 

Le nucléaire civil se résume désormais au petit réacteur modulaire, et le micro-réacteur n’est plus une option lointaine, mais une option aboutie; la Banque mondiale a levé son interdiction historique de financer le nucléaire; la COP et les institutions financières ont validé cette technologie car elle a évolué, le contexte a également changé, c’est désormais à nous de changer notre perspective. La deuxième question est celle de la responsabilité : que faisons-nous concrètement pour concrétiser cette ambition?

Faure Gnassingbé, Président du Conseil Togo

En Afrique, seule l’Afrique du Sud possède des réacteurs nucléaires en service qui produisent 6% de l’électricité nationale. L’Egypte est sur le point de finaliser une gigantesque centrale nucléaire d’une capacité de 4800 MW avec une mise en service prévue pour 2028.

À Kigali, le débat dépasse donc largement la question technologique. Entre quête de souveraineté énergétique, industrialisation et transition climatique, le nucléaire apparaît de plus en plus comme un choix stratégique pour une Afrique qui cherche à alimenter sa croissance autant qu’à maîtriser son avenir énergétique. 

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