Afrique – OIF : Louise MUSHIKIWABO vise un espace d’influence

Rassemblement de 90 États membres et de 396 millions de locuteurs, l’OIF cherche à affirmer son rôle stratégique à l’échelle mondiale. Deuxième langue étrangère la plus apprise avec 170 millions d’apprenants, le français est aussi la troisième langue des affaires. Ce dynamisme est largement porté par l’Afrique, qui regroupe aujourd’hui 65 % de l’ensemble des francophones du globe. D’ici 2050, le monde comptera 590 millions de francophones, dont près de 90 % résideront sur le continent africain. Cette poussée démographique positionne l’Afrique comme le véritable cœur de l’avenir et de la stratégie francophone. Toutefois, la conversion de ce poids démographique en influence diplomatique réelle se heurte aux rapports de force globaux. La capacité d’action politique de l’OIF demeure en effet directement conditionnée par la volonté souveraine de ses États. 

Regroupant 90 États et 396 millions de francophones, l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) cherche à affirmer son influence politique et économique mondiale. Troisième langue des affaires et deuxième langue étrangère la plus apprise avec 170 millions d’apprenants, le français repose sur la vitalité de l’Afrique, qui concentre 65 % des locuteurs. D’ici 2050, le nombre de francophones atteindra 590 millions, dont 90 % vivront sur le continent africain. Toutefois, la capacité de l’OIF à peser sur la scène diplomatique internationale reste limitée par les arbitrages souverains de ses membres. 

“L’ingrédient le plus important, c’est la volonté politique des dirigeants. Sans ça. Et on voit, on voit ce qui se passe dans plusieurs crises aujourd’hui, on avance mais on n’arrive pas vraiment à résoudre les problèmes. Et donc je voudrais tout simplement dire qu’il ne faut pas penser qu’une organisation telle que l’OIF, qui apporte sa contribution, qui travaille beaucoup dans le domaine politique et l’entité qui va enrayer les tensions et apporter des solutions, il y a une contribution certainement même modeste, mais on est limité par la volonté des États.”

Louise MUSHIKIWABO, Secrétaire générale de la Francophonie – Rwanda

Face aux autres grands ensembles linguistiques, la Francophonie doit composer avec la grande hétérogénéité économique et diplomatique de ses membres. Pour renforcer son poids global, l’OIF cherche à établir un équilibre et une synergie entre les pays du Nord et ceux du Sud. Ce partenariat mutuellement bénéfique est essentiel pour transformer cette diversité interne en un véritable levier d’influence.

“ On est un espace avec des grandes puissances des pouvoirs nucléaires, des membres permanents du Conseil de sécurité des Nations unies aux pays intermédiaires avec des revenus moindres, mais qui ont aussi une contribution à apporter aux tout petits États insulaires, par exemple nos États de l’océan Indien. C’est un équilibre qu’il faut trouver. Les pays du Nord sont évidemment les plus grands contributeurs. Mais deux choses D’abord, les pays du Sud ont aussi quelque chose à apporter. Par exemple, les pays du Sud sont un très bon marché pour d’autres pays aussi.”

Louise MUSHIKIWABO, Secrétaire générale de la Francophonie – Rwanda

Portée par le dynamisme démographique de l’Afrique, qui rassemble 65 % des francophones, et par son rôle économique global, l’OIF détient des leviers clés pour peser sur la gouvernance mondiale. Néanmoins, l’institution se heurte à la concurrence féroce d’autres grands ensembles linguistiques et géopolitiques. La transformation de ce potentiel en une influence durable reposera sur la volonté politique commune de ses 90 États et gouvernements membres. 

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