La Confédération des États du Sahel (AES), lancée en juillet 2024 par le Mali, le Burkina Faso et le Niger, a officialisé son passage d’alliance militaire à structure confédérale. L’année 2025 a été celle des ruptures fondatrices, avec le dévoilement du drapeau confédéral (Février 2025) et la mise en circulation du passeport AES (Janvier 2025), symbolisant une identité post-CEDEAO.La Banque Confédérale d’Investissement et de Développement (BCID) a été créée avec 500 milliards de FCFA pour soutenir les projets stratégiques de développement (énergie, agriculture). La télévision officielle TV-AES a été inaugurée (Décembre 2025) à Bamako pour promouvoir l’intégration et offrir une narration sahélienne souveraine. Un passeport biométrique et une carte d’identité confédérale seront mis en circulation pour faciliter la libre circulation des citoyens. Si 2025 a été l’année des ruptures, 2026 sera celle de la consolidation, de l’opérationnalisation monétaire et de la preuve de la viabilité du projet.
Un an après son lancement officiel en tant que confédération, l’Alliance des États du Sahel (AES), regroupant le Mali, le Burkina Faso et le Niger, a transformé son alliance militaire initiale en une structure d’intégration profonde. Officiellement instituée par traité lors du sommet de Niamey le 6 juillet 2024, l’AES dresse le bilan d’une année 2025 marquée par des « ruptures fondatrices » qui ont redéfini son espace sécuritaire, économique et symbolique. Face aux menaces djihadistes et à une prise de distance avec la CEDEAO, jugée inefficace, l’AES a concrétisé son engagement souverainiste par des symboles forts. L’année 2025 a été celle de l’identité. Le 22 février 2025, le drapeau de l’AES a été dévoilé à Bamako. Arborant un fond vert unique orné du logo de la confédération, il est désormais hissé aux côtés des drapeaux nationaux sur les bâtiments officiels, incarnant l’unité, l’espoir et la souveraineté des trois nations.
“Depuis le 18 août 2020 au Mali, le 30 septembre 2022 au Burkina Faso et le 26 juillet 2023 au Niger, nos trois pays ont décidé individuellement puis collectivement avec la création de l’Alliance des Etats du Sahel du 16 septembre 2023, transformée en Confédération le 6 juillet 2024, de prendre leur destin en mains.”
Abdourahmane Tiani, Président de la République – Niger
“ Le 6 juillet 2024 à Niamey, l’AES dans sa forme actuelle a été instituée. Elle est née d’une prise de conscience partagée, celle de la nécessité d’une réponse commune face aux menaces sécuritaires, politiques et économiques qui affectent la stabilité de notre espace confédéral, notamment les groupes armées terroristes, le banditisme transfrontalier ainsi que les diverses formes d’ingérence extérieures. “
Assimi Goita, Président de la République – Mali
Symbole d’intégration régionale et de rupture, le passeport de l’Alliance des États du Sahel a été mis en circulation dès le 29 janvier 2025. Il sera complété en 2026 par une carte d’identité confédérale, facilitant la circulation des citoyens et marquant un divorce clair avec les documents de la CEDEAO.
“Je remercie la population de l’AES qui a enfin compris pourquoi nous ne devons pas nous apitoyer sur notre sort. et vous avez fait preuve à travers votre résistance, votre résilience,à supporter les coups que l’ennemi a bien voulu nous donner dans cette lutte de brise de chaîne de l’escalvage.”
Ibrahim Traoré, Président de la République – Burkina Faso
Face à l’escalade des attaques djihadistes, les trois pays sahéliens ont franchi un nouveau cap dans leur coopération militaire en lançant, le 21 décembre 2025, la mise en place d’une **« force unifiée » de 5 000 hommes
“C’est avec une immense fierté que je viens d’installer le nouveau commandant de la force unifiée de l’AES. La remise solennelle de l’étendard marque le démarrage des activités de la force unifiée. A cette occasion, je voudrais d’abord féliciter et saluer le courage, le professionnalisme, l’engagement et surtout la détermination des ministres de la défense, des chefs d’Etats majors généraux et surtout l’ensemble des forces de défense et de sécurité de l’espace AES pour tous les résultats engrangés dans le cadre de la lutte implacable contre les groupes armées terroristes.
Assimi Goita, Président de la République – Mali
“Nous avons ainsi mis fin à la présence dans nos pays de toutes les forces d’occupation et de prédation pour assurer notre sécurité par nous mêmes. Parce que l’expérience vécue a forgé notre conviction que personne ne le fera à notre place.”
Abdourahmane Tiani, Président de la République – Niger
Grâce aux fondations établies durant l’An I, la diplomatie confédérale a gagné en efficacité. L’AES présente désormais un front uni, parlant d’une seule et même voix au niveau régional comme international.
“Le 2e pilier de l’AES qui concerne diplomatie, vous avez du voir un peu partout que l’AES parle de plus en plus d’une seule voix. Une voix audible aujourd’hui et que l’AES constitue une réalité géopolitique que nous constatons ici et là. Dans plusieurs rencontres internationales, vous avez vu que l’AES en sortant de la CPI, c’était une décision commune. Au Conseil de sécurité des Nations unies comme à l’Assemblée générale nous nous exprimons avec une seule voix.”
Abdoulaye Diop, Ministre des Affaires étrangères – Mali
Sur le plan du développement et de l’autonomie financière, l’AES a posé des jalons majeurs. La nouvelle structure s’est dotée d’instruments puissants pour financer ses ambitions : La Banque confédérale d’investissement et de développement (BCID) a été mise en place avec un capital initial de 500 milliards de francs CFA. Elle est destinée à soutenir des projets stratégiques dans les secteurs clés de l’énergie, de l’agriculture et des transports. De plus, un prélèvement confédéral a été instauré pour garantir l’autonomie financière et le financement des programmes.
“Nous ne pouvons pas faire des plans de développement et tendre la main à d’autres pour venir financer le développement pour nous. Donc c’est pourquoi, mobiliser nos propres ressources avec un capital de 500 milliards de FCFA, cette banque nous permettra de financer les projets structurants dans nos pays , des projets étatiques comme les projets qui viendront du secteur privé comme public avec la validation des chefs d’Etats.”
Abdoulaye Diop, Ministre des Affaires étrangères – Mali
Pour offrir une narration sahélienne souveraine face aux médias étrangers, la Confédération a inauguré sa télévision officielle, TV-AES, en décembre 2025 à Bamako, complétant ainsi son écosystème médiatique qui inclut déjà une radio (Daandè Liptako)et une agence de presse qui sera basé à Niamey, capitale du Niger
“C’est un acquis extrêmement important dans un contexte de désinformation, nos pays ont décidé de ne pas poursuivre le chemin de dénoncer mais aussi de doter nos pays d’organes de communication (radio et télé) qui nous permettent nous mêmes d’avoir notre propre narratif et de communiquer avec nos populations tout en travaillant avec d’autres pour pouvoir matérialiser ces éléments.”
Abdoulaye Diop, Ministre des Affaires étrangères – Mali
À l’issue de son deuxième sommet ordinaire, tenu à Bamako pour célébrer l’An I de la confédération, le Collège des chefs d’État de l’AES a désigné le capitaine Ibrahim Traoré, président du Faso, pour assurer la présidence tournante de l’organisation pendant un an.
“Nous avons compris la géopolitique, nous avons compris le monde. Nous ne compterons que sur nousmemes à priori. Et ça il faut que tout le monde l’intègre. L’autosuffisance alimentaire doit etre une réalité dans notre confédération et nous devons fixer des objectifs pour cela. Nous avons de grands projets de développement que ce soit en terme d’industries et d’infrastructures, nous allons batailler pour que ces projets voient le jour et bien sûr d’autres grands projets plus stratégiques et urgents nous attendent et qui va demander plus de célérité dans tout ce que nous faisons et tout ce quest attendu par tous les peuples de la confédération.”
Ibrahim Traoré, Président de la République – Burkina Faso
En adoptant des symboles forts (logo, drapeau, hymne « Sahel Benkan », devise « Un espace – un Peuple – un Destin »), l’AES ancre son identité commune, élément clé pour la coordination de ses institutions et ses futurs projets. L’année 2026 est d’ores et déjà annoncée comme l’« année de la preuve » pour l’AES. Après l’année des ruptures (2025), la prochaine étape sera celle de la consolidation, de l’opérationnalisation monétaire et de la démonstration de la viabilité du projet souverainiste. Une trajectoire résolument assumée, qui pourrait bien redessiner les équilibres géopolitiques et économiques de l’Afrique de l’Ouest.



