La décision des États-Unis de se retirer de plusieurs institutions multilatérales parmi lesquelles des institutions de l’ONU suscite une vive réaction sur le continent africain. L’Union africaine invite les Etats-Unis à préserver l’esprit de solidarité internationale, estimant que la coopération collective reste essentielle face aux crises mondiales actuelles.
L’Union africaine a exprimé sa vive préoccupation face à la décision des États-Unis de se retirer de plusieurs institutions multilatérales, appelant le gouvernement étasunien à préserver l’esprit de solidarité internationale et de responsabilité collective. Dans un contexte mondial marqué par des crises sécuritaires, humanitaires et climatiques persistantes, l’UA estime que le multilatéralisme demeure un levier indispensable pour la stabilité et le développement durable, en particulier pour les pays dépendants de la coopération internationale. Tout en reconnaissant le droit souverain des États-Unis d’Amérique de redéfinir leurs engagements, l’organisation panafricaine invite à privilégier le dialogue et l’action collective.
“ Le partenariat entre l’Afrique et les États-Unis a toujours été fondé sur des intérêts communs : la paix et la sécurité, les opportunités économiques, la gouvernance démocratique et la stabilité mondiale. Les États-Unis sont depuis longtemps un partenaire essentiel de l’Afrique et un pilier central du système multilatéral, dont le leadership, les ressources et les valeurs ont contribué de manière significative à la paix mondiale, au développement, à l’action humanitaire et à la promotion de la dignité humaine. “
Mahmoud ALI YOUSSOUF, Président de la Commission de l’Union africaine – Djibouti
Cette réaction fait suite à la directive présidentielle officialisant le retrait des États-Unis de dizaines d’organisations, conventions et traités internationaux, jugés contraires aux intérêts nationaux. Parmi les institutions actives en Afrique et qui suscitent l’inquiétude du président de la Commission de l’UA, on retrouve la Commission économique des Nations Unies pour l’Afrique (CEA), la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), le Bureau du Conseiller spécial pour l’Afrique, ONU Femmes, l’UNFPA, la Commission de consolidation de la paix et le Fonds pour la consolidation de la paix, ainsi que les mécanismes dédiés à la protection des enfants dans les conflits armés.
Pour l’Union africaine, au-delà d’être concerné, il s’agit de mettre en place des mesures compensatoires pour faire face au choc financier que ce retrait va provoquer pour l’Afrique. Il faudrait donc renforcer les coalitions régionales pour faire face à cette impasse et, au niveau de l’Union africaine, œuvrer dans le sens d’une amélioration de la gouvernance de chaque pays africain , car le pouvoir de l’Union africaine passe par la souveraineté et le pouvoir de chaque pays qui la compose.
Kerwin MAYIZO, Analyste politique – RD CONGO
Pour l’Union africaine, ces plateformes multilatérales jouent un rôle central dans le soutien aux politiques publiques africaines, qu’il s’agisse de la lutte contre la pauvreté, de la promotion de l’égalité, de la gestion des crises humanitaires ou du renforcement de la paix et de la sécurité. L’UA redoute qu’un désengagement prolongé des grandes puissances fragilise les mécanismes de réponse collective face aux défis globaux. Elle appelle ainsi les États-Unis à rester un partenaire engagé, convaincue que la coopération internationale reste la voie la plus efficace pour répondre aux enjeux communs et protéger les populations les plus vulnérables.



