Coup de théâtre au sein de la Commission électorale nationale indépendante (CENI) de Madagascar. Huit membres du bureau permanent ont annoncé, ce 12 mars, leur démission collective lors d’une conférence de presse. Quelques heures plus tard, la Haute Cour constitutionnelle (HCC) a officiellement pris acte de cette décision et constaté la vacance des postes concernés.Un seul membre du bureau permanent demeure en fonction : le président actuel de la CENI, Thierry Rakotonarivo. Nommé à la tête de l’institution en novembre 2025 avec le soutien des partisans de la refondation, il n’a pas pris part à cette démission collective.
“La démission des membres de la commission de la CENI interroge puisque cela, bien évidemment, vient créer un trouble et un dysfonctionnement institutionnel. En revanche, c’était une revendication forte de la GEN Z qui voulait la dissolution non seulement de la CENI, mais également de la haute cour constitutionnelle, la HCC.”
Gregory SILENY , Analyste politique – Madagascar
La démission collective du bureau permanent de la Commission Électorale Nationale Indépendante (CENI) ajoute une nouvelle incertitude à un paysage politique malgache déjà en pleine reconfiguration. En effet, le colonel Michael Randrianirina, président de la transition de Madagascar, a dissous de manière inattendue le gouvernement ce 9 mars, démettant de leurs fonctions le Premier ministre et l’ensemble du cabinet. Le gouvernement est actuellement en attente de la nomination d’un nouveau Premier ministre.
“Pour ce qui est des conséquences, forcément, on s’interroge de savoir si les nouveaux membres vont être affiliés ou inféodés aux nouvelles autorités, ce qui du coup va interroger encore sur le système politique à Madagascar. Par ailleurs, le fait aussi que parmi le collège qui est autorisé à désigner les membres de cette CENI figure notamment le Sénat, sachant qu’il n’y a plus de Sénat à Madagascar. Cela vient créer un trouble et une nébuleuse à Madagascar.”
Gregory SILENY , Analyste politique – Madagascar
Dans un climat d’incertitude, le départ simultané de huit membres de la CENI, bien avant le calendrier de réforme prévu pour 2027 (après concertations nationales), soulève des questions sur la cohérence politique. Cette recomposition anticipée et express, contredisant la feuille de route présentée à la SADC, crée un décalage entre la planification annoncée et la réalité politique actuelle à Madagascar. Reste à savoir si cette manœuvre marquera une simple transition ou un changement politique majeur.



