L’Afrique veut accélérer son entrée dans l’ère du nucléaire pour répondre à la hausse de ses besoins en électricité. Mais derrière les projets de centrales se pose un défi essentiel : former les compétences capables de faire fonctionner ces infrastructures. Avec seulement 1 840 MW de capacité nucléaire en service sur le continent et une première centrale de 1 000 MW envisagée au Ghana d’ici 2034, la formation apparaît désormais comme un enjeu stratégique.
Encore sous-représentée dans le secteur nucléaire mondial, l’Afrique entend renforcer sa place dans ce domaine en accélérant le développement de l’énergie nucléaire. Mais pour accompagner cette ambition, les experts insistent sur la nécessité de former suffisamment de compétences qualifiées, au même rythme que la construction des infrastructures. Cette problématique a occupé une place centrale lors du troisième Sommet américano-africain sur l’énergie nucléaire, tenu à Accra du 19 au 21 août 2026.
“Au Kenya, nous sommes passés d’un système de protection radiologique à une Autorité de réglementation nucléaire. Cette évolution exige, en plus des compétences en sûreté, du personnel formé en sécurité et en protection physique. Il est donc nécessaire de renforcer les capacités dans ces nouveaux domaines”.
David Otwoma, Président-fondateur de la Société nucléaire du Kenya – Kenya
L’Afrique ne compte actuellement qu’une seule centrale nucléaire en service, en Afrique du Sud, d’une capacité d’environ 1 840 MW. D’autres pays, comme l’Égypte et le Ghana, avancent dans leurs projets. Au Ghana, une première centrale d’environ 1 000 MW pourrait être mise en service à l’horizon 2034. Pour accompagner ce projet, le pays renforce la formation des ingénieurs, techniciens et spécialistes du nucléaire, notamment grâce à un centre régional créé en 2023 en partenariat avec les États-Unis.
“L’industrie, en tant que principal bénéficiaire, doit être pleinement associée au processus de formation dans l’enseignement supérieur. Des efforts sont déjà engagés dans ce sens, notamment dans le domaine de l’ingénierie, où les organismes de régulation jouent un rôle important”.
Elsie Kauffman, Enseignante à la Faculté d’ingénierie de l’Université du Ghana – Ghana
Les centrales nucléaires permettent de produire une grande quantité d’électricité de façon continue, jour et nuit. Elles contribuent également à réduire les émissions de CO₂ et à limiter la dépendance aux énergies fossiles. En Afrique, le développement du nucléaire peut ainsi renforcer la sécurité énergétique, soutenir l’industrialisation et répondre à la croissance rapide des besoins en électricité.



