Le Maroc appelle à une transformation profonde de la gestion des crises en Afrique. Au Sommet extraordinaire de l’Union africaine organisé en Angola les 29 et 30 août, le Maroc a plaidé pour que la prévention devienne le pilier central de la stratégie de paix continentale; face à l’explosion du coût humain et économique des instabilités.
Alors que les conflits ponctionnent plus de 100 milliards de dollars par an d’après le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) aux économies africaines, le Maroc a porté un message de fermeté à Luanda en Angola lors de la 26ᵉ session extraordinaire du Conseil exécutif de l’Union africaine et au Sommet extraordinaire de l’organisation continentale. Représentant le roi du Maroc à la Conférence extraordinaire des chefs d’Etat et de gouvernement de l’UA, le chef du gouvernement Aziz Akhannouch a rappelé le projet stratégique du roi Mohamed VI pour le continent africain, à travers des mécanismes proactifs pour la paix et la stabilité.
“La position de notre pays est qu’il faut que les choses restent constantes et qu’il existe des solutions à tous les problèmes économiques, sociaux, de sécurité et de stabilité, avant que les conflits ne se produisent.”
Aziz Akhannouch, Premier ministre – Maroc
Devant ses pairs du Conseil exécutif de l’UA, le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita a souligné que la stabilité durable ne peut se construire sans une Architecture africaine de paix et de sécurité (APSA) enfin souveraine. Aujourd’hui, ce mécanisme dépend encore à 80 % de financements extérieurs, une fragilité critique face à des crises qui frappent directement 35 millions de déplacés internes. Le Maroc insiste sur la nécessité de consolider les socles économiques et institutionnels du continent. Avec 400 millions d’Africains vivant sous le seuil de pauvreté et des défaillances étatiques qui amputent la croissance régionale de 2,6 points de PIB par an, le renforcement de la résilience sociale devient, selon lui, une condition sine qua non à la fin des hostilités.
« Le pays africain et le Maroc sont toujours en train de s’adapter aux réalités des pays africains afin de trouver des solutions en matière de partenariat entre les États africains. »
Aziz Akhannouch, Premier Ministre – Maroc
Le Maroc appelle également à une coordination sans faille avec les acteurs internationaux. Un enjeu de taille : l’espace francophone africain mobilise à lui seul 60 % du budget onusien pour la paix. Pour le Royaume chérifien, le Plan d’action de Luanda doit sceller un partenariat équilibré avec l’ONU, garantissant un cofinancement à hauteur de 75 % via la résolution 2719, tout en préservant l’autonomie totale des procédures budgétaires de l’Union africaine.



