Réunis le 19 mai 2026 à Lomé dans le cadre de Biashara Afrika 2026, responsables africains, régulateurs économiques et partenaires internationaux ont lancé la conférence inaugurale de la ZLECAf sur la politique et le droit de la concurrence. Au cœur des échanges : la construction d’un marché africain intégré capable de conjuguer libre-échange, régulation économique et protection des consommateurs à l’échelle continentale.
2026 à Lomé au Togo autour d’un enjeu central, mettre la concurrence au service de l’intégration des marchés africains . Réunis dans le cadre de Biashara Afrika 2026, responsables africains, régulateurs économiques et partenaires internationaux ont plaidé pour des règles communes capables de sécuriser l’intégration économique du continent. Les échanges ont porté sur un marché africain estimé à 1,4 milliard d’habitants pour un PIB combiné de 3 400 milliards de dollars. Pour les autorités de la ZLECAf, la suppression progressive des barrières commerciales ne peut produire ses effets sans mécanismes continentaux de régulation contre les cartels, les abus de position dominante et les distorsions de concurrence.
« Si nous avons des frontières ouvertes mais que nous permettons aux cartels de fragmenter les marchés derrière ces frontières ouvertes, si nous éliminons les droits de douane comme nous prévoyons de le faire d’ici 2030 afin de commercer sans barrières tarifaires à l’échelle du continent africain, tout en permettant aux entreprises dominantes déjà établies d’écraser et d’exclure les nouveaux entrants du marché, alors nous n’aboutirons pas. Nous aurons un programme d’intégration du marché incomplet. Ce qui est clair, c’est que nous, Africains, devons accorder une priorité à la complémentarité des politiques publiques.»
Wamkele Mene, Secrétaire général de la ZLECAf – Afrique du sud
Le secrétaire général de la ZLECAf a rappelé que le protocole africain sur la concurrence, initié en 2010 et adopté en 2023, prévoit la création d’une autorité continentale chargée de réguler un marché de 1,4 milliard d’habitants, estimé à 3 400 milliards de dollars de PIB. Le dispositif couvre en priorité les secteurs du transport, de la logistique, du numérique et du commerce électronique. Lors des panels, des experts ont évoqué la perspective d’un tribunal de la concurrence et d’un réseau africain de la concurrence, destinés à renforcer l’application des règles à l’échelle continentale. Dans ce cadre, le Togo, pays hôte de la conférence inaugurale, a affirmé sa position parmi les trois États africains les plus avancés dans l’opérationnalisation de la ZLECAf, à travers la révision de sa stratégie nationale et l’actualisation de sa législation sur la concurrence.
« L’intensification de la concurrence internationale offre l’occasion de mettre en exergue les défis qui pèsent sur la régulation concurrentielle et le bien être des consommateurs et d’adapter nos mécanismes afin de garantir une concurrence équitable et protégée tant des entreprises que des consommateurs.»
Badanam Patoki, Ministre de l’Économie et de la Veille stratégique – Togo
Lors de cette conférence inaugurale, le Togo a affirmé son ambition de devenir l’un des centres africains de référence dans la construction du marché commun continental. Au-delà des enjeux juridiques et réglementaires, les acteurs engagés dans la mise en œuvre de la ZLECAf portent une vision stratégique, bâtir d’ici 2030 un espace économique africain plus intégré, plus compétitif et davantage capable de soutenir l’industrialisation, les investissements et la transformation des économies du continent.