L’Algérie marque une étape historique dans la question de la mémoire coloniale. Le Conseil de la Nation a en effet adopté, le 22 janvier 2026, la loi criminalisant la colonisation française. Cependant, des réserves ont été émises concernant certaines dispositions relatives aux excuses et aux réparations. Une commission mixte paritaire a été désignée afin de réviser les articles contestés.
Afin d’assurer la conformité de la loi à l’orientation nationale définie par le président Abdelmadjid Tebboune et de respecter pleinement le cadre constitutionnel et légal, le Conseil de la Nation d’Algérie a adopté, le 22 janvier 2026, la loi criminalisant la colonisation française, tout en formulant des réserves sur treize articles. Ces derniers concernent notamment les clauses relatives aux « excuses » et aux « réparations ». Le Sénat ne peut pas modifier directement un texte adopté par l’Assemblée populaire nationale, mais une commission mixte paritaire sera chargée de proposer un nouveau texte afin d’aplanir les divergences et d’assurer la cohérence juridique de la loi.
“ La commission mixte paritaire mérite d’être connue. Elle n’a pas pour mission de trancher les débats mémoriels ni d’imposer une quelconque cohérence idéologique au texte. Son rôle est strictement institutionnel : permettre à l’Assemblée populaire nationale et au Conseil de la nation de parvenir à un compromis. Concrètement, trois issues sont possibles : la réécriture des articles contestés, le maintien du texte initial au prix d’un blocage politique, ou l’adoption d’un texte de consensus recentré sur la reconnaissance des crimes coloniaux, conformément aux réserves du Sénat.“
BOUBACAR BA, Journaliste – Sénégal
La loi reconnaît officiellement les crimes commis pendant la colonisation française, considérés comme imprescriptibles : essais nucléaires, exécutions extrajudiciaires, tortures et pillages systématiques. La priorité reste la reconnaissance explicite des crimes coloniaux plutôt que des réparations matérielles. Le texte vise à protéger la mémoire nationale et à garantir aux générations futures l’accès à une vérité historique complète.
“Cette loi constitue un acte de protection de la mémoire nationale, pour les générations présentes et futures. Elle établit un cadre clair, prévient l’oubli, combat la relativisation et oblige la France en particulier mais aussi toutes les nations coloniales en général à affronter leur passé.«
BOUBACAR BA, Journaliste – Sénégal
Les articles contestés seront reformulés par la commission mixte paritaire avant un nouveau vote dans les deux chambres du Parlement. La France a dénoncé cette initiative, la jugeant hostile au dialogue entre les deux pays. La loi illustre cependant l’engagement de l’Algérie à inscrire la mémoire de la colonisation dans un cadre légal et institutionnel.



