En Afrique australe, la lutte contre les violences faites aux femmes franchit une nouvelle étape. À Luanda, l’Angola est appelé à prendre les devants dans l’adoption d’un cadre continental destiné à mieux protéger les victimes et à renforcer la responsabilité des auteurs de violences basées sur le genre.
C’est à Luanda, capitale de l’Angola, que la Vice-présidente de la République, Esperança da Costa, a reçu, le 9 juillet 2026, une délégation de l’Union africaine présente au 2ème Forum international des femmes pour la paix et la démocratie. Cette rencontre avait pour principal objectif d’examiner la ratification de la Convention africaine sur la fin de la violence à l’égard des femmes et des filles, un nouvel instrument juridique destiné à renforcer la prévention des violences, protéger les victimes et mettre fin à l’impunité.
«Un détail très important : nous avons également profité de l’occasion pour évoquer la Convention visant à mettre fin à la violence contre toutes les femmes, qui a été signée par tous les chefs d’État (de l’Union africaine) durant la présidence tournante de la République d’Angola, laquelle s’est achevée en février 2026. Nous avons également profité de cette audience pour lancer un appel et solliciter le ferme soutien de l’Angola afin qu’il devienne le premier pays à ratifier cette convention. Il s’agit d’une convention unique en son genre, qui fera véritablement progresser le programme des droits des femmes sur notre continent.»
Liberata Mulamula, Envoyée spéciale de l’Union africaine pour les Femmes – Tanzanie
Adoptée sous la présidence tournante de l’Angola à l’Union africaine, cette convention prévoit des mécanismes de prévention, de protection des survivantes et de poursuites contre les auteurs de violences. Cet engagement intervient alors que les violences basées sur le genre demeurent une réalité préoccupante dans le pays. Selon ONU Femmes, près de 35% des Angolaises âgées de 15 à 49 ans ont déjà subi des violences physiques ou sexuelles de la part de leur partenaire au cours de leur vie. Face à cette situation, l’Union africaine encourage les États à renforcer leur arsenal juridique et institutionnel.
« De même, nous avons également tenu à souligner à la Vice-Présidente, que le Président João n’est pas seulement un champion de la paix et de la réconciliation, mais que, pour nous, il est aussi un champion de la masculinité positive en Afrique. Nous avons tenu à exprimer notre gratitude à cet égard et à souligner le fait que l’Angola est un pays qui montre l’exemple. Nous pouvons constater qu’il existe des niveaux de représentation très élevés, avec des femmes occupant des postes importants en dehors de l’administration, et ce fut donc une grande satisfaction de constater cette réalité ici même dans le pays. »
Liberata Mulamula, Envoyée spéciale de l’Union africaine pour les Femmes – Tanzanie
À travers cet appel de l’Union africaine, l’Angola se retrouve au centre du combat continental contre les violences basées sur le genre. La ratification de cette convention pourrait constituer un signal fort en faveur de la protection des femmes et des filles, mais aussi un engagement concret pour renforcer les mécanismes de justice et mettre fin à l’impunité.



