On l’appelle l’or vert du Burkina Faso. Le beurre de karité est au centre d’une véritable dynamique économique à Tanghin-Dassouri. Là-bas, des femmes se sont organisées en association pour professionnaliser leur savoir-faire ancestral. Des champs de cueillette aux bassines de barattage, elles gèrent aujourd’hui une filière complète qui leur assure indépendance et dignité. Notre équipe s’est rendue à leur rencontre.
Au Burkina Faso, à une vingtaine de kilomètres de Ouagadougou, dans la commune rurale de Tanghin-Dassouri, se cache un trésor bien particulier. Ici, pour ces dizaines de femmes réunies en association, le karité n’est pas seulement un arbre : c’est une promesse d’avenir. À l’ombre des parcs à karité, ces productrices ont transformé un savoir-faire ancestral en véritable activité économique. La cueillette et la transformation de cet « or vert » sont devenues, au fil des années, le moteur d’une autonomie financière qui redonne espoir à toute une communauté, aux portes de Ouagadougou.
“Ici, nous respectons la méthode traditionnelle, car c’est ce qui garantit la qualité. Mais nous avons appris à filtrer davantage et à mieux conserver le produit pour répondre aux normes. On peut même le consommer directement. Ce beurre, c’est notre fierté.’’
Sanata NIKIEMA, Présidente de l’association Tilg yandé /Tanghin Dassouri – Burkina Faso
Dans les ateliers artisanaux, le travail est minutieux et exigeant. De la collecte des noix à l’extraction du beurre, chaque étape requiert patience, rigueur et coordination. Le résultat : un beurre de karité d’une qualité remarquable, utilisé aussi bien dans l’alimentation que dans l’industrie cosmétique. Mais au-delà du produit fini, cette association est devenue un véritable filet de sécurité sociale. Les revenus générés permettent aux mères de famille de payer la scolarité des enfants et d’assurer les dépenses de santé du foyer. À Tanghin-Dassouri, l’économie locale se construit ainsi autour d’une solidarité féminine qui refuse de céder à la fatalité de la pauvreté.
L’argent que je gagne dans la transformation me permet de soutenir mon époux pour la scolarité, l’habillement, les soins médicaux des enfants et même souvent pour manger. Par exemple içi les hommes n’ont pas de travail. comme nous sommes dans cette situation, on n’a même plus de terre pour cultiver. La transformation du beurre de karité est notre seule source de revenus .
Fatoumata KIEKIETA, Membre de l’association Tilg yandé /Tanghin Dassouri – Burkina Faso
L’ambition dépasse désormais les frontières de la commune. Pour ces femmes entrepreneures, le prochain défi est d’obtenir des certifications internationales afin de conquérir les marchés extérieurs et les rayons des grandes surfaces. En attendant, dans les cours de transformation, les gestes se répètent avec la même détermination. Car à Tanghin-Dassouri, chaque noix de karité transformée raconte une histoire : celle de femmes qui, patiemment, façonnent l’avenir de leur communauté.



