Le Cameroun et la Banque islamique de développement renforcent leur partenariat financier. À Yaoundé, les deux parties définissent les priorités de leur coopération pour 2027-2029, après près de 2 000 milliards de FCFA déjà mobilisés avec un accent sur les infrastructures, l’énergie, l’agriculture et le secteur privé.
Près de 2 000 milliards de FCFA déjà mobilisés et plus de 253 milliards de FCFA d’accords et lettres d’intention attendus : la Banque islamique de développement veut renforcer son soutien à l’économie camerounaise. Réunis ce 14 septembre à Yaoundé, le gouvernement et le Groupe de la BID ouvrent les discussions sur le nouveau Cadre d’Engagement Pays 2027-2029. Infrastructures, énergie, agriculture, agro-industrie et financement du secteur privé sont au cœur de cette nouvelle programmation.
Votre présence parmi nous revêt une importance particulière. Elle témoigne de l’intérêt constant que porte le Groupe de la Banque islamique de développement au Cameroun, ainsi que de la vitalité d’un partenariat solide et historique, patiemment construit depuis plus d’un demi-siècle. De manière générale, les interventions de la Banque ont contribué à améliorer les conditions de vie de nos populations, à soutenir la croissance, à développer les infrastructures et à renforcer la capacité productive de notre économie.
Joseph Dion Ngute, Premier Ministre
L’objectif est désormais de privilégier des investissements capables de soutenir durablement la croissance. Corridors de transport, infrastructures énergétiques, mini-réseaux renouvelables et unités de transformation agricole figurent parmi les secteurs ciblés. Le secteur privé est également concerné, avec des mécanismes de financement destinés notamment aux PME, aux jeunes et aux femmes entrepreneurs. En 2025, le Groupe de la BID avait approuvé 777,8 millions de dollars de financements pour le Cameroun, dont 473,9 millions via la Société islamique internationale de financement du commerce.
Nous sommes très reconnaissants envers les entrepreneurs et le secteur privé de ce pays, et nous agissons par le biais de lignes de crédit car, comme vous le savez, la Banque ne peut pas vraiment gérer des interventions au cas par cas depuis Djeddah, ni même depuis Abuja, où nous disposons d’un centre régional qui supervise les opérations au Cameroun. Mais en ce qui concerne le secteur privé, il est très important que nous accordions ces lignes de crédit à des institutions compétentes qui auront la responsabilité, sous notre supervision, de les octroyer et de les utiliser au profit d’entrepreneurs qui peuvent réellement en tirer parti. Et c’est très important.
Rami Ahmad, Vice-président chargé des opérations de la BID
Au-delà des montants, Yaoundé veut diversifier ses sources de financement du développement. Les discussions portent notamment sur des instruments de finance islamique, dont le Sukuk, pour soutenir les infrastructures. L’enjeu du cycle 2027-2029 sera donc de transformer les financements mobilisés en investissements productifs, mais surtout en croissance, en emplois et en compétitivité pour l’économie camerounaise.



