Cameroun : l’école face aux nouveaux défis de la compétence

Au Cameroun, des millions d’élèves s’apprêtent à reprendre le chemin de l’école le 7 septembre prochain, à l’occasion de la rentrée scolaire 2026-2027. Une rentrée placée sous le signe de l’amélioration des apprentissages, mais aussi de l’adaptation de la formation aux mutations de la société et du marché de l’emploi. L’État multiplie les investissements et les réformes. Mais face à l’ampleur des défis, la réussite scolaire apparaît comme une responsabilité partagée.

Au Cameroun, chaque rentrée scolaire rappelle un enjeu majeur : offrir à chaque enfant les compétences nécessaires pour bâtir son avenir et contribuer au développement du pays. Au primaire, la priorité est claire : lire, écrire et compter. Au secondaire, 2 201 123 élèves étaient recensés en 2024-2025, dont 1 662 349 dans l’enseignement général et 538 774 dans l’enseignement technique. Face à cette croissance, l’État renforce les infrastructures, le recrutement et la formation des enseignants, la réforme des programmes et l’enseignement professionnel. Dans le cadre du Programme d’appui à la réforme de l’éducation au Cameroun (PAREC), près de 4 500 écoles bénéficient déjà, en 2024, d’un financement basé sur la performance. Une initiative destinée à améliorer l’accès et la qualité de l’éducation. 

 L’État camerounais à la date d’aujourd’hui, consacre d’énormes moyens pour la formation de sa jeunesse mais il faut aussi remarquer que l’État malgré ses moyens a des difficultés à assumer cette fonction qui lui est régalienne. Je dois aussi remarquer que à cette date, l’État camerounais a quand même réussi à inculquer dans la tête des jeunes qu’ils doivent faire l’école, qu’ils doivent travailler et que l’école peut être la source de réussite pour eux tous.

NORBERT KANKO KAWO, Acteur du système éducatif

Au Cameroun, l’enjeu éducatif dépasse désormais l’accès à l’école. Avec plus d’un demi-million d’élèves dans le secondaire technique, le pays cherche à rapprocher formation et emploi. Pratique, entrepreneuriat et numérique s’imposent ainsi comme des leviers pour préparer une jeunesse aux métiers d’aujourd’hui et de demain. 

Ce qui manque au système, à notre système, c’est la créativité. Comment créer l’entrepreneuriat ? Parce que dans la tête des jeunes camerounais, quand ils finissent leur école, ils se mettent dans la tête qu’ils doivent être employés quelque part. Ils ne s’imaginent pas être employeurs. Or, le plus important, c’est de mettre dans la tête de tous les jeunes qu’ils sont capables de s’auto-employer et même de créer des emplois à côté.  

NORBERT KANKO KAWO, Acteur du système éducatif

Autre mutation majeure : le numérique et l’intelligence artificielle redessinent le paysage éducatif et professionnel. Si l’IA menace certains métiers, elle en fait aussi émerger de nouveaux. Face à cette révolution, les acteurs de l’éducation appellent à renforcer les compétences numériques, les stages et l’immersion en entreprise ceci, pour mieux préparer les jeunes aux réalités du marché de l’emploi. 

Certains métiers vont disparaître. A cause de l’IA, certains métiers ne vont plus exister d’ici quelques années. Maintenant, pendant que ces métiers vont disparaître, le nombre d’emplois va exploser. Il faudrait donc que tous les Camerounais s’arrangent à faire mieux dans la numérisation. L’État a déjà beaucoup fait pour introduire l’informatique, même jusqu’au niveau de la maternelle, mais il faudrait rendre sa pratique.

NORBERT KANKO KAWO, Acteur du système éducatif

Mais l’école ne peut pas tout faire. À la maison aussi, les parents ont un rôle déterminant dans le suivi scolaire, l’encadrement moral et la citoyenneté.

Les parents ont un rôle très très important, sauf que nous avons un problème. Beaucoup de parents sont absents à la maison. Or, l’éducation de l’enfant en grande partie incombe aux parents, surtout en ce qui concerne la morale, le comportement en société. Certains enfants aujourd’hui deviennent des délinquants, pas parce qu’ils voulaient être délinquants, mais parce qu’ils ont manqué d’un encadrement de proximité à la maison.

NORBERT KANKO KAWO, Acteur du système éducatif

Former, mais surtout former mieux : tel est l’enjeu de la rentrée scolaire 2026-2027 au Cameroun. Au-delà des investissements publics, l’objectif est de les traduire en compétences concrètes, capables de préparer les jeunes aux métiers de demain et aux mutations du marché de l’emploi. Cette ambition repose sur une responsabilité partagée entre l’État, les enseignants, les parents et les élèves. Car investir dans la formation de la jeunesse, c’est aussi préparer les compétences qui contribueront au développement du Cameroun. 

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